𝗣𝗢𝗨𝗥𝗤𝗨𝗢𝗜 𝗟𝗔 𝗟𝗜𝗧𝗧𝗘𝗥𝗔𝗧𝗨𝗥𝗘 𝗙𝗥𝗔𝗡𝗖𝗢𝗣𝗛𝗢𝗡𝗘 𝗦𝗨𝗕𝗦𝗔𝗛𝗔𝗥𝗜𝗘𝗡𝗡𝗘 𝗔𝗩𝗔𝗡𝗖𝗘-𝗧-𝗘𝗟𝗟𝗘 𝗔𝗨 𝗣𝗔𝗦 𝗗𝗘 𝗧𝗢𝗥𝗧𝗨𝗘 ?
- Zoubir Yahiaoui

- 11 janv. 2024
- 2 min de lecture
L'évolution de la littérature africaine d'expression française au Sud du Sahara est très complexe. Cette complexité est due au fait qu'elle a été essentiellement orale avant d'être écrite . De surcroît, le passage de l'oralité à l'écriture a grillé bon nombre d'ampoules, ce qui fait qu'aujourd'hui cette littérature a du mal à voir on ne peut plus clair pour se décoller. À ce problème originel s'ajoutent d'autres causes paralysantes que nous présenterons de manière succincte dans cette réponse que nous apportons à l'un de nos abonnés .
1- 𝗟𝗲𝘀 causes 𝗲𝘅𝗼𝗴è𝗻𝗲𝘀
— La quasi-disparition de la littérature orale : l'Africain(e) n'est pas de nature amoureux (euse) de la lecture, mais de l'écoute, de la parole. Malheureusement, la forme de la littérature (orale) qu'il/elle adore s'évapore : c'est dans de rares villages qu'on s'assied encore autour d'un feu pour écoute les propos d'un conteur.
— La mondialisation et les NTIC : en plus d'être "écouteur ou palabreur", l'Homme africain est un fieffé "voyeur". Ainsi, l'avènement de nouvelles technologies de l'information et de la communication (télévision, réseaux sociaux...) l'ont facilement conquis . Si les Africains noirs fréquentent les bibliothèques comme ils regardent les séries-films télévisées ou comme ils se connectent aux réseaux sociaux, la littérature africaine de la langue française sera hissée au cime du monde artistique.
– La pauvreté : la plupart des populations de l'Afrique subsaharienne gagnent difficilement leur pain quotidien. Pour ce faire, cela n'aide pas au sursaut de la littérature, car on ne peut lire ou écrire quand on a faim.
— La "littératurophobie" médiatique : on ne parle presque pas de la littérature dans les scènes radiophoniques, télévisuelles ou dans la presse écrite. Il faut décrocher un grand prix littéraire pour qu'on y parle de vous et de votre œuvre ou alors débourser une somme éléphantesque pour que vous vous y bénéficiez d'une publicité. Les émissions littéraires sont rarissimes, sinon littérairement politisées ou basées sur une certaine affinité ou popularité.
2)- Les causes endogènes
— La somnolence des ministères des arts et de la culture : au lieu de faire pousser les ailes à cet art ou d'arroser ses jeunes plantes, les ministres concernés et leurs collaborateurs font la politique du ventre. Et par conséquent, il n'y a presque pas de prix littéraire, presque pas de bibliothèques ou sinon elles sont vides, etc. Tout ceci tire la littérature noire vers le bas.
— Le système éducatif peu adapté au raisonnement de la littérature : en dehors de ces mesquins livres inscrits au programme, il n'y a pas d'autres activités ou formation professionnalisante liées à l'écriture et la lecture.
— Le faible taux de livres de qualité ou adaptés aux réalités africaines : durant les dix dernières années, la littérature francophone africaine enregistre crescendo d'auteurs et d'ouvrages. Malheureusement, peu sont compétents ou pertinents. Ce qui fait que ces œuvres "nauséabondes" découragent les gens à s'intéresser à cette littérature.
— Le tribalisme et la désolidarisation criards au sein du champ littéraire : bon nombre de personnes n'assistent qu'aux dédicaces de livres de leurs frères et sœurs ou de leurs connaissances; ils achète seulement les livres des auteurs de leur région ou dont les noms sonnent en leur langue maternelle; ils ne font la promotion que des livres leurs proches ; ils ne parlent jamais la même langue, etc.

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