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Formation des enseignants

1. formation des enseignants, éducation et préparation des individus en vue de les rendre aptes à devenir des enseignants professionnels.


2.HISTORIQUE DES THÉORIES ET DES MÉTHODES

Jean-Jacques RousseauJean-Jacques Rousseau, école française du XVIIIe siècle, d’après un pastel de Quentin de La Tour. Musée Carnavalet, Paris.Encyclopédie EncartaGiraudon/Art Resource, NYAgrandir

Les sociétés de l'Antiquité comme celles du Moyen Âge manquent d'établissements susceptibles de proposer une formation concernant les principes et la pratique de l'enseignement. De ceux qui désirent devenir des enseignants on exige uniquement qu'ils fassent la preuve de leurs connaissances dans les matières qu'ils veulent enseigner. Au cours de la Renaissance, certains maîtres, comme Vittorino da Feltre en Italie, Johannes Sturm en Allemagne et John Colet en Angleterre, acquièrent une grande renommée, à la fois pour leur érudition et pour leur aptitude à enseigner. Néanmoins, on accorde peu d'attention à la formation des enseignants. Il faut attendre l'apparition des principes démocratiques, aux XVIIe et XVIIIe siècles, et l'affirmation que le développement des nations, qu'il soit politique, social ou économique, peut être mieux réalisé grâce à l'éducation du citoyen, pour que des mesures soient prises et que l'on crée des établissements destinés à donner une formation aux enseignants.

Johann Heinrich Pestalozzi et ses élèves


Johann Heinrich Pestalozzi et ses élèvesCette gravure représente le pédagogue suisse Johann Heinrich Pestalozzi entouré de ses élèves. En 1805, Pestalozzi fonde à Yverdon (Suisse) une école destinée en priorité aux enfants pauvres et dont les méthodes d'apprentissage innovantes la rendent célèbre dans toute l'Europe.

L'établissement d'enseignement le plus ancien que l'on connaisse, et qui ait proposé un programme systématique de formation des enseignants, est l'Institut des frères des écoles chrétiennes, fondé en 1685 à Reims, par Jean-Baptiste de La Salle. Au XVIIIe siècle, d'autres établissements semblables sont fondés en France et en Allemagne. Une école, placée sous la protection du gouvernement, est établie en France en 1794 ; ce sera la première école à suivre les principes de Rousseau. Ce dernier est persuadé que les éducateurs doivent avant tout se préoccuper du développement mental et physique de leurs élèves, et ce n'est qu'au second plan qu'il place les matières à enseigner. Ce principe est plus tard adopté par les écoles de formation des enseignants à travers le monde, et devient la doctrine de base de toute théorie d'éducation. Le plus célèbre parmi les nombreux éducateurs qui appliquent et développent les théories pédagogiques de Rousseau est un réformateur suisse de l'enseignement de la fin du XVIIIe siècle, Johann Heinrich Pestalozzi.

Un progrès important dans les théories et les méthodes de formation des maîtres est accompli en Prusse, au début du XIXe siècle, grâce à la mise en application des idées de Johann Friedrich Herbart. Celui-ci souligne l'importance de l'étude des processus psychologiques de l'apprentissage : c'est par cette étude, dit-il, qu’il devient possible de concevoir des programmes d'éducation fondés sur les aptitudes, les capacités et les intérêts des élèves. Le succès que rencontrent les méthodes d'Herbart les fait adopter dans les systèmes de formation des enseignants de nombreux pays.


3.LES GRANDES ÉTAPES DE LA PROFESSIONNALISATION DES INSTITUTEURS EN FRANCE


Nadar, Portrait de François GuizotFélix Nadar, Portrait de François Guizot, photographie. Bibliothèque nationale de France, Paris.Encyclopédie EncartaCollection Viollet/Roger-Viollet/Getty ImagesAgrandir

La suppression de la Compagnie de Jésus, en 1762, entraîne le démantèlement de l’enseignement en France, alors que les jésuites dominaient jusqu’alors l’enseignement européen, avec leurs 650 collèges, leur vingtaine d’universités et quelque 200 séminaires et maisons d'études destinés à leurs membres. Face au vide laissé par l’expulsion des jésuites, se développe la volonté de créer un corps public d’instituteurs et de professeurs — le concours de l’agrégation est créé dans cet objectif en 1766.


Condorcet, « Rapport sur l'organisation générale de l'instruction publique » (1792)

En avril 1792, présentant un rapport sur l’instruction publique, le marquis de Condorcet défend une conception de l’enseignement témoignant de l’imprégnation de la Révolution par l’esprit des Lumières. Il juge que tout homme portant en lui sa propre perfectibilité, une politique égalitariste d’instruction publique permettra de former une société composée d’individus responsables, égaux et opposés au despotisme. Dès lors, parce qu’il détermine l’émergence d’une conscience civique et citoyenne, le droit universel à la pédagogie et au partage de la connaissance cautionne en profondeur le progrès de l’idéal du bonheur commun, vertu nécessaire à l’affirmation d’une vraie démocratie.

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C’est pendant la Révolution que naît véritablement la préoccupation de la formation des maîtres dans des écoles spécialisées. Un décret signé le 30 octobre 1794 constitue l’acte de naissance de ce que deviendra l’École normale supérieure ; une école normale est créée à Paris, « où des citoyens déjà instruits dans les sciences utiles, doivent se former à l'art de l'enseignement ». Ce décret n’a toutefois pas de suite et il faut attendre 1810 pour que la première école normale de France voie le jour à Strasbourg.


Loi Falloux

Parmi les lois qui ont forgé l’enseignement en France, la loi Falloux, en réaffirmant la liberté de l’enseignement religieux et en définissant les rapports entre l’école « libre » et l’école « publique », revient sur la scission entre l’enseignement catholique et républicain qui a eu lieu sous la Révolution — même si l’Église a depuis retrouvé le contrôle de l’enseignement primaire. Dans la définition des grades de l’enseignement secondaire, le comte Pierre de Falloux expose sa conception du savoir et de l’enseignement, en rappelant l’importance de la vocation.

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Si le contrôle de l’État sur la formation des maîtres s’amorce dès la Restauration (1814-1830) avec l’instauration d’un brevet de capacité, lequel ne sanctionne guère que la maîtrise de compétences minimales (lire, écrire et compter), c’est la loi Guizot de 1833 qui constitue un tournant dans l’histoire de l’enseignement et de la formation des enseignants en imposant notamment l’ouverture d’une école normale d’instituteurs dans chaque département. La loi Guizot, qui ouvre la voie à une politique de professionnalisation des instituteurs, introduit l’initiation aux diverses méthodes de l’enseignement dans le contenu des programmes qui leur sont dispensés. En 1838, l’enseignement s’ouvre aux femmes avec la création de la première école normale d’institutrices.


Jules Ferry

Ce processus est entériné par les lois Jules Ferry (1879-1882) qui, en instaurant l’école républicaine gratuite, laïque et obligatoire, confèrent aux instituteurs — qui deviennent les « hussards noirs de la République », sous la plume de Charles Péguy — un rôle d’éducateur moral et aux écoles normales la tâche de transmettre aux élèves-maîtres les qualités morales que requiert leur mission. L’application du principe de laïcité se traduit en 1889 par la laïcisation du personnel enseignant et son intégration à la fonction publique.


4. LES INSTITUTS UNIVERSITAIRES DE FORMATION DES MAÎTRES

Créés en 1990, les instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM) absorbent les écoles normales d’instituteurs et prennent en charge la formation des enseignants du second degré, jusqu’alors sous la responsabilité des universités pour la préparation aux concours, et des centres pédagogiques régionaux pour la formation pratique.

Depuis le 1er septembre 1990, chaque académie est dotée d’un institut universitaire de formation des maîtres (IUFM), rattaché à une ou plusieurs universités pour garantir la responsabilité institutionnelle de ces établissements d'enseignement supérieur par l'intervention des personnes et la mise en œuvre des moyens qui lui sont offerts.

Les IUFM sont des établissements d'enseignement supérieur à caractère administratif. Ils ont pour mission de former tous les enseignants, sauf les agrégés et ceux qui relèvent des universités, qui sont maintenant recrutés au niveau de la licence. Ils préparent donc aux métiers de professeurs des écoles, des collèges et lycées, de l'enseignement technique, d'éducation physique et sportive.

Les futurs enseignants y reçoivent une formation axée autour de trois objectifs :

— l'acquisition des connaissances et des savoir-faire nécessaires pour concevoir, contrôler et faire évoluer les situations d'apprentissage et d'enseignement ;

— une connaissance de l'institution scolaire, de ses publics et de l'environnement économique, social et culturel dans lequel ils vivent ;

— l'acquisition de compétences dans les différentes techniques de la communication et de l'informatique.

La scolarité dure deux ans. La première année est surtout consacrée à la préparation de l'épreuve professionnelle des concours de recrutement d'enseignants : le Cerpe (concours externe de recrutement des professeurs des écoles), pour enseigner dans les écoles maternelles et élémentaires ; le Capes (certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement secondaire), pour enseigner dans les collèges et les lycées les disciplines d’enseignement général ; le Capet (certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement technique), pour enseigner la technologie dans les collèges ou les disciplines technologiques dans les lycées d’enseignement général et technologique ; le CAPLP2 (certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement professionnel du 2e grade), pour enseigner dans les lycées professionnels des disciplines d’enseignement général ou professionnel ; le Capeps (certificat d’aptitude au professorat d’éducation physique et sportive) ; le CRCPE (concours de recrutement des conseillers principaux d’éducation), pour assurer des responsabilités éducatives dans l’enseignement du second degré ; le Cafep (certificat d’aptitude à l’enseignement privé du second degré), pour enseigner dans les collèges ou les lycées privés sous contrat. Ces concours s'effectuent à la fin de la première année, mais ils sont ouverts à tous les titulaires d'une licence.

La seconde année, accessible aux lauréats des concours de recrutement, prépare à la certification, préalable à la titularisation et à l'affectation. Nommés professeurs-stagiaires, ils suivent une formation professionnelle en IUFM et des stages dans des écoles, en particulier un stage « en responsabilité » pendant lequel ils prennent la conduite d'une classe, et doivent rédiger un mémoire professionnel. Cette année de professionnalisation est cruciale en ce qu’elle est censée préparer le futur enseignant à son métier. Face aux critiques et au malaise de nombreux jeunes professeurs, qui déplorent la grande distorsion entre les cours théoriques et la pratique de classe, des efforts sont régulièrement entrepris pour mieux adapter la formation à la pratique. Outre des compléments sur leurs propres disciplines et des informations sur les méthodes d’enseignement de ces disciplines, les professeurs stagiaires doivent être préparés aux problèmes professionnels qu’ils rencontrent, liés notamment aux difficultés scolaires ou à « l’incivilité ». Il convient aussi, par ailleurs, de penser la formation en fonction des éléments nouveaux introduits dans les méthodes pédagogiques, au gré des différents gouvernements.

D'autres filières de recrutement des enseignants coexistent. La plus prestigieuse est celle des Écoles normales supérieures qui préparent aux concours de l'agrégation. L'accès à ces écoles est particulièrement sélectif et il s'effectue au niveau bac + 2. Les candidats admis préparent en quatre ans le concours de l'agrégation — entre autres formations possibles. Les deux premières années sont consacrées à l'obtention de la licence et de la maîtrise dans la discipline choisie. Cette préparation se fait en collaboration avec différentes universités auxquelles s'ajoutent des séminaires et des conférences spécifiques. Quatre Écoles normales supérieures, Ulm, Fontenay-Saint-Cloud, Cachan et Lyon préparent aux différentes disciplines les élèves ; ceux-ci ont le statut de fonctionnaire.

Voir pédagogie et histoire de l’enseignement.

 
 
 

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