Phonétique
- Zoubir Yahiaoui

- 31 janv. 2016
- 24 min de lecture
Phonétique
Le cours de phonétique est destiné aux étudiants de 1ère année licence. Dans ce cours, il est question d’étudier les sons du langage de manière scientifique et de comprendre le fonctionnement de l’appareil phonatoire responsable de l’articulation de ces sons.
Objectifs
Les principaux objectifs du cours de phonétique sont :
Comprendre les mécanismes de production, de transmission et de réception des sons du langage.
Percevoir et prononcer correctement les phones du français.
Etre en mesure de transcrire phonétiquement des phrases simples selon les symboles de l’API.
2.2.2. Programme
Introduction.
Les parties de la phonétique
La phonétique acoustique
Le son
L’onde
Quelques propriétés physiques du son
C.1. La durée
C.2. L’amplitude
C.3. La fréquence
C.4. La hauteur
C.5. L’intensité
C.6. Le timbre
1.2. La phonétique auditive
A. Le système périphérique
A.1. L’oreille externe
A.2. L’oreille moyenne
A.3. L’oreille interne
B. Le système central
1.3. La phonétique articulatoire
A. Les poumons
B. Le larynx
C. Les cavités supra-glottiques
C.1. La cavité pharyngale
C.2. La cavité nasale
C.3. La cavité labiale
C.4. La cavité buccale
2. Le système phonétique du français
2.1. Le système consonantique
A. Les consonnes occlusives
B. Les consonnes constrictives
B.1. Les fricatives
B.2. La vibrante
B.3. La latérale
C. Les glides
2.2. Le système vocalique
A. Les traits articulatoires des voyelles
A.1. La nasalité
A.2. La labialité
A.3. La zone d’articulation
A.4. L’aperture
B. Le trapèze vocalique
C. Description des voyelles
C.1. Les voyelles orales
C.2. Les voyelles nasales
3. La transcription phonétique
Exercice
Glossaire
2.2.3. Contenu
Introduction
La phonétique est une branche de la linguistique qui s’intéresse à la parole. Le terme phonétique vient originellement du mot grec phonetikos qui veut dire « ce qui concerne le son ».
La phonétique est l’étude scientifique des sons du langage humain. Elle s’intéresse à la façon dont ces sons sont produits. C’est une science de l’oral qui cherche à comprendre et à expliquer le fonctionnement matériel des sons, elle étudie tous les éléments qui participent à la formation de la base phonique des langues. La phonétique est souvent définit comme la science de la face matérielle des sons du langage.
Les parties de la phonétique
Il existe trois grandes branches de la phonétique. La première s’intéresse à la production du son, c’est la phonétique articulatoire. La seconde étudie la transmission du son, c’est la phonétique acoustique. Quant à la dernière, elle se consacre la réception du son, c’est la phonétique auditive.
1.1. La phonétique acoustique
C’est l’étude des propriétés physiques du son et sa transmission entre émetteur et récepteur à l’aide d’instruments techniques variés, comme l’analyseur de mélodie et le spectrographe. Ces appareils nous permettent de déterminer s’il s’agit de sons aigus ou graves, compacts ou diffus, forts ou faibles, longs ou brefs, etc.
Le son
Le son est la propagation d’une vibration dans l’air. Cette propagation se fait dans un milieu élastique : un gaz (l’air), un liquide (l’eau) ou un solide (un rail de chemin de fer). Il n’y a pas de propagation possible du son dans le vide. Un milieu est dit élastique lorsqu’il est capable de se déformer pour encaisser un choc ou laisser passer une onde, puis de reprendre son état initial.
L’air fait partie des milieux élastiques : ses molécules oscillent autour de leur position initiale en fonction des caractéristiques de l’onde sonore qui les traverse. C’est cette perturbation de l’atmosphère que perçoit notre oreille. Les molécules déplacées retrouvent toujours leur place après le passage de la perturbation. Ceci est dû à l’élasticité du milieu.
La propagation du son diminue avec la distance. En fait, l’air oppose une résistance au son, c’est cette résistance qui entraîne la diminution du volume sonore avec la distance, puis la disparition complète du son. Avec la distance, l’ampleur des mouvements qu’effectuent les molécules devient de plus en plus faible.
L’onde
C’est une perturbation qui se propage dans un milieu élastique. À l’origine de ce phénomène se trouve toujours un apport d’énergie : doigt qui touche une corde de guitare, pierre jetée dans l’eau, émission de sons par les organes de la parole, etc. Tous ces exemples sont des phénomènes ondulatoires.
Quelques propriétés physiques du son
Le son possède plusieurs propriétés. En voici quelques unes :
C.1. la durée
Elle est égale au temps que met une onde pour accomplir un cycle.
C.2. l’amplitude
C’est la distance parcourue par l’onde.
C.3. La fréquence
C’est le nombre de cycles effectués par la vibration. L’unité de fréquence est l’Hertz (Hz). En effet, une basse fréquence donne un son grave, une haute fréquence donne un son aigu.
C.4. La hauteur
C’est une sensation auditive basée sur la perception de la fréquence du signal acoustique. Ce paramètre nous permet de distinguer un son aigu (fréquence élevée) d’un son grave (fréquence basse).
C.5. L’intensité
C’est une sensation auditive basée sur la perception de la force du signal acoustique. Ce paramètre dépend de l’amplitude de vibrations, il nous permet de distinguer un son fort (grande amplitude) d’un son faible (petite amplitude).
C.6. Le timbre
C’est une qualité acoustique qui garantit la discrimination auditive des sons. Sans le timbre acoustique, des événements sonores ayant les mêmes propriétés de durée, de fréquence et d’amplitude resteraient indistincts sur le plan auditif.
1.2. La phonétique auditive
Elle étudie la réception et le décodage des sons par l’appareil auditif. Le système auditif se compose de deux parties : Le système périphérique et le système central.
Le système périphérique
Ce système n’est autre que l’oreille. Celle-ci se divise en trois parties :
A.1. L’oreille externe
Elle joue un rôle essentiel dans la localisation sonore (le son provient-il de l’avant ou de l’arrière, du haut ou du bas, de gauche ou de droite ?).
A.2. L’oreille moyenne
Elle transmet les vibrations aériennes à l’oreille interne.
A.3. L’oreille interne
C’est ici que les impulsions sonores sont converties en influx nerveux puis acheminées au cerveau.
Le système central
Il commence des premiers neurones au néocortex. Ce dernier est constitué de deux ensembles de fibres nerveuses : un système afférent qui va de l’oreille au cortex (siège des fonctions neurologiques élaborées comme l’intelligence, le mouvement volontaire, la conscience, la sensibilité), et un système efférent qui va du cortex vers l’oreille.
2.3. La phonétique articulatoire
On l’appelle aussi phonétique « physiologique ». Elle examine les productions orales faites à l’aide de l’appareil phonatoire. Le fonctionnement de cet appareil repose sur l’interaction entre trois grandes structures : les poumons, le larynx et les cavités supra-glottiques (pharyngale, nasale, buccale et labiale). Les deux premières structures fournissent ce qui est essentiel pour la production de n’importe quel son, c’est-à-dire une source d’air. La troisième structure renferme les organes qui permettent de modifier le son qui est émis par le travail conjoint des deux premières structures. L’appareil phonatoire comprend également les muscles, ligaments, et autres structures impliqués directement ou indirectement dans la phonation.
Les poumons
Ils font partie des composantes subglottales du conduit vocal. Leur fonction principale est évidemment de permettre au corps de s’oxygéner et d’expulser les déchets gazeux. Cependant, ils fournissent aussi l’air nécessaire à la phonation.
La respiration comprend deux phases : l’inspiration et l’expiration. Lors de l’inspiration, l’action conjointe du diaphragme qui se contracte et s’abaisse, et des muscles intercostaux permet de créer un vide dans les poumons qui est rempli par la pénétration d’air. Lors de l’expiration, le diaphragme se relâche et laisse ainsi s’échapper l’air des poumons qui peut être utilisé pour produire des sons. Cet air passe par la trachée qui le filtre pour améliorer sa qualité.
Le larynx
C’est une structure fondamentale dans la production du son. Il connecte la trachée au pharynx et agit comme une valve à travers laquelle l’air doit passer lors de la respiration et de la phonation. Le larynx crée, par le jeu des cordes vocales, l’énergie sonore utilisée dans la parole.
Dans la partie moyenne du larynx se trouvent les « cordes vocales ». Ces petits muscles sont rattachés à l’avant à la paroi fixe du larynx et en arrière aux deux aryténoïdes mobiles. Ces derniers sont de petits cartilages qui écartent et rapprochent les cordes vocales, déterminant ainsi l’ouverture ou la fermeture de la glotte. Les cordes vocales jouent un rôle essentiel dans la production de la voix. Pendant la phonation, elles sont rapprochées et la glotte est fermée. La pression exercée par la poussée de l’air provenant des poumons fait vibrer les cordes vocales, produisant des sons « voisés » ou « sonores » comme [v] et [d]. S’il n’y a pas de vibrations, nous entendons des sons « non voisé » ou « sourds » comme [f] et [t].
Les cavités supra-glottiques
Lorsque le son sort de la glotte, il passe à travers les organes vocaux supérieurs appelés cavités supra-glottiques où il est modifié. Ces cavités servent à faire résonner le son et à lui donner une caractéristique particulière qui permettra, par exemple, de différencier les voyelles des consonnes. La caractéristique de chaque son provient essentiellement de la modification de la forme des résonateurs à l’aide des mouvements de certains organes.
C.1. La cavité pharyngale
Le pharynx est un conduit aéro-digestif. Il est situé derrière la langue, à la jonction entre les cavités buccale et nasale. En français, la cavité pharyngale ne produit aucun son. Toutefois, dans certaines autres langues, comme l’arabe, elle est utilisée pour l’articulation de certaines consonnes.
C.2. La cavité nasale
Elle comporte les fosses nasales.
C.3. La cavité labiale
Les lèvres sont les parties charnues qui bordent extérieurement la bouche. Elles s’amincissent pour se joindre aux commissures.
C.4. La cavité buccale
Elle comporte plusieurs organes :
– La langue : C’est une masse musculaire divisée en trois parties : l’apex, le dos et la racine. La langue constitue l’articulateur principal des différents sons.
– Les dents.
– Les alvéoles : Ils sont situés dans la partie osseuse antérieure de la voûte palatine. Ce sont les rebords de chair qui se trouvent derrière et au dessus des incisives supérieures.
– Le palais : C’est la paroi supérieure de la cavité buccale. Derrière les alvéoles on trouve le plais dur (formé d’os) puis le palais mou ou voile du palais (formé de muscles). A l’extrémité du palais mou on trouve un organe mobile appelé la luette ou uvule.
Schéma de l’appareil phonatoire (http://www.sfu.ca/fren270/phonetique/page3_4.html#start)
Le système phonétique du français
Il comprend 36 phonèmes : 16 voyelles et 20 consonnes. La différence entre voyelle et consonne s’effectue de la manière suivante :
– Si le passage de l’air à partir de la glotte est libre, on a affaire à une voyelle.
– Si le passage de l’air à partir de la glotte est obstrué, complètement ou partiellement, on a affaire à une consonne.
Remarque
Le phonème est l’unité minimale qui constitue le 2ème niveau de la double articulation d’A. Martinet, sa fonction est de distinguer les unités de la 1ère articulation.
2.1. Le système consonantique
Le classement des consonnes se base essentiellement sur la distinction entre mode d’articulation et point d’articulation.
Le mode d’articulation est défini par un certain nombre de facteurs qui modifient la nature du courant d’air expiré :
La vibration des cordes vocales produit une consonne sonore. L’absence des vibrations produit une consonne sourde.
Le passage de l’air par une voix unique (la bouche) produit une consonne orale. Cependant, le passage par deux voies différentes (bouche et nez) produit une consonne nasale.
La fermeture totale du conduit vocal produit une consonne occlusive, alors que la fermeture partielle de ce conduit produit une consonne constrictive.
Le point d’articulation est l’endroit où se trouve un obstacle sur le passage de l’air.
Les consonnes occlusives
Elles sont produites par une fermeture complète du conduit vocal en un point quelconque du chenal expiratoire.
OralesOralesNasalesSourdesSonoresSonoresBilabiales[ p ][ b ][ m ]Apico-dentales[ t ][ d ][ n ]Vélaires[ k ][ g ]Dorso-palatale [ ɲ ]
Tableau des consonnes occlusives
Les consonnes bilabiales sont produites par le contact des deux lèvres.
Pas [ pa ]
Abri [ abRi ]
Flamme [ flam ]
______________________________________________________________
Les consonnes apico-dentales sont produites par le contact de l’apex avec les dents de la mâchoire supérieure.
Tour [ tuR ]
Admis [ admi ]
Mine [ min ]
________________________________________________________________
Les consonnes vélaires sont produites pat le contact du dos de la langue avec le palais mou.
Car [ kaR ], qui [ ki ], kiwi [ Kiwi ], gare [ gaR ]
La consonne dorso-palatale est produite par le contact du dos de la langue avec le palais dur.
Agneau [ aɲo ]
Les consonnes constrictives
Elles sont produites par le resserrement du conduit vocal en un point quelconque du chenal expiratoire.OralesOrales SourdesSonoresFricativesSifflantes alvéolaires[ s ][ z ]FricativesChuintantes alvéolaires[ ʃ ][ Ȝ ]FricativesLabiodentales[ f ][ v ]VibranteUvulaire[ R ]LatéraleApico-alvéolaire[ l ]
Tableau des consonnes constrictives
B.1. Les fricatives
Elles sont prononcées avec le dos de la langue abaissé :
Les sifflantes alvéolaires sont produites par le rapprochement de l’apex vers la région alvéolaire.
Sardine [ sardin ], acide [ asid ]
Zéro [ zero ], phase [ faz ]
les chuintantes alvéolaires sont produites par le rapprochement de la langue vers la région post-alvéolaire.
Chat [ ʃa ]
Jus [ Ȝy ], rage [ RaȜ ]
______________________________________________________________
Les labiodentales sont produites par le rapprochement de la lèvre inférieure des dents supérieures.
Faux [ fo ]. aphasie [ afazi]
Vie [ vi ].
B.2. La vibrante
Elle est le produit d’une vibration de la luette. Pour l’articuler, la luette prend appui contre le dos de la langue.
Pire [ piR ]
B.3. La latérale
Pour la produire, l’apex se pose sur les alvéoles, le dos de la langue est relevé et les bords sont abaissés, ce qui permet à l’air de s’écouler par les cotés de la langue.
Mal [ mal ]
Les glides
Ce sont des sons constrictifs qui peuvent être envisagés tantôt comme des voyelles, tantôt comme des consonnes. C’est pour cela qu’on les appelle semi-consonnes ou semi-voyelles.
OralesOraleSonoresSonoreArrondiesNon arrondieFricativedorso-palatale [ j ]Fricativelabio-palatale[ ɥ ]Fricativelabio-vélaire[ w ]
Tableau des glides
Travail [ tRavaj ]
Nuit [ nɥi ]
Soir [ swaR ]
2.2. Le système vocalique
Il concerne les voyelles. Ce sont des sons caractérisés par l’écoulement libre de l’air à travers l’appareil phonatoire. Le seul traitement que l’air expiré peut subir est la résonance. Il existe en effet trois résonateurs : buccal, nasal et labial. La nature des voyelles dépend de la variation du nombre, forme et volume de ces résonateurs.
Les traits articulatoires des voyelles
A.1. La nasalité
Ce trait est un des modes d’articulation des voyelles. Il est en rapport avec le nombre de résonateurs :
– Si le voile du palais est relevé, l’air s’échappe exclusivement par le résonateur buccal, nous avons dans ce cas une voyelle « orale ».
– Si le voile du palais est abaissé (s’écarte de la paroi pharyngale), l’air traverse à la fois les résonateurs buccal et nasal, nous avons dans ce cas une voyelle « nasale ».
A.2. La labialité
Ce trait est également un des modes d’articulation des voyelles. Il concerne la présence ou non du résonateur labial :
– Si les lèvres sont projetées vers l’avant, nous avons une voyelle « arrondie ».
– Si les lèvres sont appliquées contre les dents, nous avons une voyelle « non arrondie ».
A.3. La zone d’articulation
Nous parlons ici du lieu d’articulation des voyelles, et plus précisément de la forme du résonateur buccal. Celui-ci est déterminé par la position de la langue dans la bouche :
Si la masse de la langue se trouve dans la région pré-palatale, nous avons une voyelle « antérieure ».
Si la masse de la langue se trouve dans la région post-palatale, nous avons une voyelle « postérieure ».
Si la masse de la langue se trouve dans la région médio-palatale, nous avons une voyelle « centrale ».
A.4. L’aperture
Ce trait concerne le volume du résonateur buccal. Le degré d’aperture est la distance séparant le point le plus élevé de la langue du palais. Il existe 4 degrés d’aperture, ceux-ci sont déterminés arbitrairement car ils n’ont aucune mesure précise :
1er degré (aperture minimale) : voyelle « fermée ».
2ème degré : voyelle « mi-fermée ».
3ème degré : voyelle « mi-ouverte ».
4ème degré (aperture maximale) : voyelle « ouverte ».
Le trapèze vocalique
C’est une forme géométrique qui représente la position approximative de la langue lors de l’articulation des voyelles du français.
Trapèze vocalique
Description des voyelles
Il existe 16 voyelles en français, dont 12 sont orales et 4 sont nasales.
C.1. Les voyelles orales
AntérieuresAntérieuresCentralePostérieurePostérieuresNon arrondiesArrondiesNon arrondieNon arrondieArrondiesFermées[ i ][ y ][ u ]Mi-fermées[ e ][ ø ][ o ]Moyenne [ ə ]Mi-ouvertes[ ɛ ][œ ][ ↄ ]Ouvertes[ a ][ ɑ ]
Tableau des voyelles orales
Tir [ tiR ]
Dune [ dyn ]
Boue [ bu ]
Aller [ ale ]
Feu [ fø ]
Mot [ mo ]
Le [ lə ]
Malaise [ malɛz ]
Bœuf [ bœf ]
Odeur [ ↄdœR ]
Ami [ ami ]
Lâche [ lɑʃ ]
C.2. Les voyelles nasales
AntérieureAntérieurePostérieurePostérieureNon arrondieArrondieNon arrondieArrondieMi-ouvertes[ ~ɛ ][ ~ɶ ][ ~ↄ ]Ouverte [ ~ɑ ]
Tableau des voyelles nasales
Inde [ ~ɛ d ]
Impact [ ~ɛ pakt ]
Pain [ p ~ɛ ]
Faim [ f ~ɛ ]
Rein [ R ~ɛ ]
Syndicat [ s ~ɛ dika ]
Sympa [ s ~ɛ pa ]
Lundi [ l ~ɶ di ]
Parfum [ paRf ~ɶ ]
Monde [ m ~ↄ d ]
Ombre [ ~ↄ bR ]
Langue [ l ~ɑ g ]
Pamplemousse [ p ~ɑ pləmus]
Fente [ f ~ɑ t ]
Semblable [ s ~ɑ blabl ]
Remarques
Toutes les voyelles sont sonores.
Le (e) caduc ou schwa est une voyelle considérée comme « neutre ». Elle est centrale en lieu d’articulation et moyenne en aperture.
La transcription phonétique
Les phonèmes sont représentés par des symboles tirés de l’Alphabet phonétique internationale (API) ; c’est ce que nous appelons la transcription phonétique. Cette dernière fait correspondre à chaque son d’une langue un symbole. Elle vise la conservation sous forme graphique de tout ce qui est prononcé, elle permet aussi de ne pas tomber dans les pièges de l’orthographe qui confond souvent son et lettre.
Quelques règles de la transcription phonétique
On transcrit [o] avec les graphies (au – eau).
Pauvre [ povR ]
Anneau [ ano ].
_____________________________________________________________
On transcrit [o] et [ø] lorsqu’ils sont suivis par le son [z].
Dose [ doz ]
Creuse [ kRøz].
_____________________________________________________________
On transcrit [o] et [ø] lorsqu’il y a l’accent circonflexe sur ces voyelles.
Pôle [ pol ]
Jeûne [ Ȝøn ]
On transcrit [ↄ] lorsqu’il est au début du mot.
Obstacle [ ↄpstakl ]
_______________________________________________________________
On transcrit [ ɛ ] avec la terminaison de l’imparfait (ais, ait, aient).
Tu disais [ tydizɛ ]
Il disait [ ildizɛ ]
Ils disaient [ ildizɛ ]
________________________________________________________________
On transcrit [ ɛ ] avec la graphie (et) quand elle se trouve à la fin du mot.
Carnet [ kaRnɛ ]
_________________________________________________________________
On transcrit [e] avec la terminaison verbale du futur simple (ai).
J’irai [ ȜiRe ]
________________________________________________________________
On transcrit [e] avec la terminaison verbale de l’infinitif (er).
Taper [ tape ]
On transcrit [e] lorsqu’il y a l’accent aigu (é). On transcrit [ɛ] lorsqu’il y a l’accent grave (è).
Les élèves [ lezelɛv ]
_________________________________________________________________
On transcrit généralement [ ɛ ] [œ] [ↄ] lorsque la syllabe se termine par une consonne (syllabe fermée).
Amer [ amɛR ]
Ailleurs [ ajœR ]
Parasol [ paRasↄl ]
___________________________________________________________________
On transcrit généralement [e] [ø] [o] lorsque la syllabe se termine par une voyelle (syllabe ouverte).
Des [ de ]
Deux [ dø ]
Dos [ do ]
Exercice
Transcrivez les phrases suivantes :
Il est huit heures moins quart.
Elle est vraiment trop belle.
Ne faites pas de bruit car je me réveille tôt.
Ils t’ont appelé plusieurs fois.
Cette chemise m’a couté deux cents dinars.
Quelle méthode avez-vous suivi pour résoudre cette énigme ?
On peut trouver des loups dans cette montagne. Donc restez sur vos gardes !
Elle a un mauvais pressentiment depuis quelques jours.
Les vacances de l’année précédente étaient magnifiques.
Corrigé-type
[il ɥitœRmw kaR]
[ l vR m tRob l]
[Nəf tpadəbrɥikaRȜəmRev jto]
[ilt apleplyzjœRfwa]
[s tʃəmizmakuted s dinaR]
[k lmetↄdavevusɥivipuRezudRs tenigm]
[ p tRuvedelud s tm taɲd kR stesyRvogard]
[ la mov pres tim dəpɥik lkəȜuR]
[levak sdəlanepresed tet maɲifik]
Glossaire
Apex : Pointe de la langue.
Cartilage : Tissu conjonctif dense et élastique qui se trouve à la jonction des os.
Diaphragme : Muscle qui sépare le thorax de l’abdomen.
Fosses nasales : Cavités situées au-dessus et en arrière du nez.
Glotte : Espace vide entre les cordes vocales.
Incisives : Les quatre dents médianes et antérieures qui permettent de trancher les aliments.
Influx nerveux : Phénomène qui permet de transmettre les messages sensitifs dans les centres nerveux.
Ligament : Bande constituée de tissu conjonctif fibreux et élastique dont le rôle est de suspendre ou fixer des organes.
Néocortex : Partie la plus étendue de l’écorce cérébrale qui recouvre les faces latérales du cerveau.
Neurone : Cellule nerveuse.
Résonance : Augmentation de l’amplitude et de l’intensité d’un son.
Spectrographe : Analyseur de son permettant de photographier les spectres.
Trachée : Canal qui relie le larynx aux bronches des poumons.
2.2.4. Mode d’évaluation
Contrôles écrits 100%
2.2.5. Références
Ouvrages
CHISS.J-L, FILLIOLET.J, MAINGUENEAU.D, Introduction à la linguistique française tome 1 : Notions fondamentales, phonétique, lexique, Hachette, 2001.
DUBOIS.J, Dictionnaire de Linguistique, Larousse, 2002.
GUIMBRETIERE.E, Phonétique et enseignement de l’oral, Didier, 1994.
LABORDERIE.N, Précis de phonétique historique, Nathan, 1994.
Sites web
/g/ – /s/ et /z/ – /l/ et /R/ – /i/ et /y/ – /o/ et /u /.
Corrigé-type
Pas : / pa /
Bas : / ba /
____________
Monte : / m t /
Monde : / m d /
____________
Quart : / kaR /
Gare : / GaR /
____________
Face : / fas /
Phase : / faz /
Lame : / lam /
Rame : / Ram /
____________
Dire : / diR /
Dur : / dyR /
____________
Lot : / lo /
Loup : / lu /
Les traits pertinents
Nous les appelons aussi « traits distinctifs ». Ce sont des éléments phoniques susceptibles d’opposer les phonèmes d’une langue. Prenons comme exemple les mots pot et beau : Ils s’opposent par le trait de voisement qui est absent dans le premier mot et présent dans le deuxième.
Pot : / po /, beau : / bo /
/p/ : Consonne occlusive, orale, bilabiale, sourde.
/b/ : Consonne occlusive, orale, bilabiale, sonore.
Les traits pertinents sont des unités inférieures au phonème. Nous pouvons les atteindre par commutation et non par segmentation. Ils n’ont pas d’existence autonome, en effet, ils ne peuvent pas apparaitre dans la chaine parlée qu’en se combinant simultanément à d’autres en un phonème.
Remarques
La présence ou l’absence d’un trait distinctif dans la réalisation d’un phonème entraine un changement de sens. Ainsi, le trait qui oppose la latérale à la vibrante est pertinent en anglais car il permet, par exemple, d’opposer les mots rate (taux) et late. En japonais, ce trait n’est pas pertinent car dans n’importe quel mot, le / l / peut être remplacé par le / r / et vice versa sans que cela entraine un changement de signification.
Le français standard est en train de perdre une opposition, celle de la distinction entre /~ɶ/ et /~ɛ/ comme dans brun et brin. Il semble que la voyelle arrondie /~ɶ/ est en train de disparaitre au profit de la voyelle non arrondie /~ɛ/. Les raisons de la perte de cette opposition sont surtout d’ordre phonétique :
La production de la voyelle /~ɶ/ demande un effort articulatoire considérable pour arrondir les lèvres et produire une voyelle mi-ouverte.
La différence entre les timbres des deux voyelles est difficile à percevoir.
Exercice 2
Combien y a-t-il de traits distinctifs entre les phonèmes suivants :
/t/ et /R/, /f/ et /l/, /i/ et /œ/.
Corrigé-type
/t/ : Consonne occlusive, orale, sourde, et bilabiale.
/R/ : Consonne constrictive, orale, sonore et uvulaire.
Il y a 3 traits distinctifs entre /t/ et /R/.
______________________________________________________________________
/f/ : Consonne constrictive, orale, sourde et labiodentale.
/l/ : Consonne constrictive, orale, sonore et apico-alvéolaire.
Il y a 2 traits distinctifs entre /f/ et /l/.
__________________________________________________________________
/i/ : Voyelle orale, antérieure, non arrondie et fermée.
/œ/ : Voyelle orale, antérieure, arrondie et mi-ouverte.
Il y a 2 traits distinctifs entre /i/ et /œ/.
La variation phonologique
Le phonème peut être réalisé concrètement par des sons différents formant une classe ouverte mais possédant, en commun, les traits qui opposent ce phonème aux autres de la même langue. Ces sons sont appelés variantes. La variation phonologique se rapporte à des facteurs sociolinguistiques comme l’origine géographiques des locuteurs, leur âge et sexe, la situation de communication, la classe socio-économique, etc.
Exemple
En français, le phonème /R/ peut être prononcé comme une uvulaire dite grasseyée ou comme une dentale dite roulée /r/.
La syllabe
C’est une unité phonique produite en une seule émission de la voix. Elle peut être formée d’une voyelle, ou d’une consonne + une voyelle, ou d’un groupe de consonnes + une voyelle. La syllabe se compose théoriquement de trois éléments :
-L’attaque : c’est l’ensemble des consonnes qui viennent avant la voyelle.
-Le noyau : c’est la voyelle.
– La coda : c’est l’ensemble des consonnes qui viennent après la voyelle.
Remarques
L’attaque et la coda ne sont pas essentielles à la syllabe. En effet, une syllabe peut n’avoir qu’un noyau comme dans le mot eau : /o/.
L’attaque et la coda peuvent comporter plusieurs consonnes.
Exemple :
Strict : / stRikt /
L’attaque comporte trois consonnes, c’est une attaque complexe.
La coda comporte deux consonnes, c’est une coda complexe.
Quelques règles du découpage syllabique
Une consonne entre deux voyelles s’attache à la deuxième.
Exemple :
Ami : / ami /
______________________________________________________________
Deux consonnes entre deux voyelles se séparent.
Exemple :
Armée : / aRme /
______________________________________________________________
Les groupes (consonne + /R/) et (consonne + /l/) ne se séparent pas.
Exemple :
Abri : / abRi /
Tableau : / tablo /
______________________________________________________________
Nous ne pouvons avoir deux voyelles dans la même syllabe.
Exemple :
Educatif : / edykatif / Découpage incorrect.
/ edykatif / Découpage correct.
Exercice 3
Transcrivez les phrases suivantes puis découpez-les en syllabes :
Il est huit heures moins quart.
Elle m’a sauvé plusieurs fois.
On peut trouver des loups dans cette montagne.
Corrigé-type
/ il ɥi tœR mw kaR/
/ l ma so ve plyz jœR fwa/
/ p tRu ve de lu d s t m taɲ/
Les combinaisons
Les combinaisons des phonèmes sont des phénomènes que nous observons dans la langue parlée. Elles se réalisent lorsque les mots se placent linéairement les uns après les autres. Leur fonction principale est de faciliter la prononciation des expressions qui contiennent plusieurs mots.
F.1. L’enchainement
C’est le fait d’enchainer oralement deux mots qui se suivent en joignant le dernier phonème d’un mot à la première voyelle du mot qui suit.
F.1.1. L’enchainement vocalique
Il consiste à enchainer la dernière voyelle prononcée d’un mot à la première voyelle du mot qui suit.
Exemples
Il va au marché : / ilvaomaRʃe /
Mardi à midi : / maRdiamidi /
Nous avons eu un beau cadeau : / nuzav~ↄy~ɶbokado /
Remarques
Il n’existe pas de pauses entre les voyelles enchainées. Celles-ci se prononcent en effet par le même souffle.
Il existe une différence entre l’enchainement vocalique et la transition articulatoire : le nombre de syllabes qu’on obtient après enchainement vocalique et le même qu’avant même si on a l’impression d’entendre un son continu. Quant-à la transition articulatoire, elle se produit entre une semi-voyelle et une voyelle appartenant à la même syllabe.
Exemple
La nuit : / lanɥi/
F.1.2. L’enchainement consonantique
C’est un phénomène qui consiste à enchaîner oralement la dernière consonne prononcée d’un mot à la première voyelle du mot qui suit.
Exemples
Il arrive : / ilariv /
Une onde : / yn d /
Elle a fini par accepter ce travail : / lafinipaRaks ptesətRavaj /
La consonne d’enchaînement ne change jamais de nature. Cependant, elle change la structure syllabique des mots enchaînés.
Exemple
Avant enchainement
Il : / il /
Arrive : / a Riv/
Après enchainement
Il arrive : / i la Riv /
F.2. La liaison
C’est un phénomène qui consiste à lier oralement la dernière consonne écrite mais muette d’un mot à la première voyelle du mot qui suit.
Exemples
Les amis : / lezami /
Un petit enfant : / ptit f /
La liaison modifie la première syllabe du 2ème mot lié, mais elle ne change pas la structure syllabique de la phrase.
Exemple
Avant liaison
Les : / le /
Amis : / a mi /
Après liaison
Les amis : / le za mi /
F.2.1. Les consonnes de liaison
La consonne de liaison peut changer de nature : les lettres « S » et « X » deviennent /z/, le « D » devient /t/ et le « F » devient /v/.
Les consonnes de liaison en français sont : /z/, /t/, /p/, /R/, /g/, /v/, et /n/.
Exemples
Des animaux : / dezanimo /
Un grand appareil : / gr tapar j /
Il a beaucoup appris : / ilabokupapRi/
C’est mon premier essai : / s m prəmjeRes /
Un long hiver : / l giv R /
Il a Neuf ans : / ilanœv /
C’est son ami : / s sↄnami /
Remarques
La consonne de liaison est dite « latente » car elle ne se réalise que sous deux conditions : si elle est suivie d’une voyelle ou si elle est suivie d’un « H » muet.
Il n’y a pas de liaison lorsque le /s/ est précédé du /R/ sauf si le /s/ marque le pluriel.
Exemples
Je suis toujours ici : / ȜəsɥituȜuRisi /
Ce sont leurs affaires : / səs lœRzaf R /
__________________________________________________________
La consonne de liaison /n/ résulte de la dénasalisation d’une voyelle nasale.
Exemple
Un bon étudiant : / bↄnetydj /
F.2.2. Les cas de la liaison
La liaison peut être obligatoire, interdite ou facultative.
La liaison est obligatoire dans les cas suivants :
Entre le déterminent et le nom. Cela inclut les articles définis ou indéfinis (les, un et des), les adjectifs possessifs et démonstratifs (mon, ton, son, mes, tes, ses, nos, vos, leurs et ces), les adjectifs interrogatifs (quels et quelles), les adjectifs indéfinis (aucun, certain, certains et certaines) et les adjectifs numéraux (deux, trois, six, neuf et vingt).
Exemples
Les amis : / lezami /, mes amis : / mezami /, quels amis : / k lzami /, certains amis : / s Rt zami /, six amis : / sizami /.
______________________________________________________________
Entre le déterminent et l’adjectif.
Exemple
Trois énormes maisons : / tRwazenↄRm z /
______________________________________________________________
Entre l’adjectif et le nom.
Exemple
Un petit appareil : / ptitapar j /
Entre les pronoms sujets (nous, vous, ils, elles et on) et le verbe.
Exemple
Ils attaquent : / ilzatak /
__________________________________________________________
Entre le verbe et les pronoms compléments (y et en).
Exemples
Allons-y : / al zi /
Finissons-en : / finis z /
__________________________________________________________
Entre les pronoms compléments (les et en) et le verbe.
Exemples
Il les envoie : / ilez vwa /
Il en a eu assez : / il nayase /
__________________________________________________________
Entre la forme verbale inversée et les pronoms sujets (il, elle, ils, elles et on).
Exemple
Que font-il : / kəf til /
__________________________________________________________
Entre l’adverbe et le mot qui suit.
Exemple
Très agréable : / tR zagreabl /
__________________________________________________________
Entre la préposition et le mot qui suit.
Exemple
Dans une maison : / d zynm z /
__________________________________________________________
La liaison est interdite dans les cas suivants :
Entre un verbe conjugué et un verbe à l’infinitif.
Exemple
Vous pensez atteindre la rive : /vup seat dRlaRiv /
__________________________________________________________
Entre un verbe conjugué à la 2ème personne du singulier (présent) et ce qui suit.
Exemple
Tu manges une pomme : / tym Ȝynpↄm /
Entre un groupe nominal et un groupe verbal.
Exemple
Les femmes arrivent : / lefamaRiv /
______________________________________________________
Entre la conjonction (et) et le mot qui suit.
Exemple
Une sœur et une amie : / ynsœReynami /
______________________________________________________
Avec les noms propres.
Exemple
Chez Imen : / ʃeim n /
______________________________________________________
Avec le (H) aspiré.
Exemple
Les hiboux : / le’ibu /
______________________________________________________
Avec l’adjectif numéral (onze).
Exemple
Les onze joueurs : / le zȜwœR /
______________________________________________________
Après les pronoms personnels dans une inversion.
Exemple
Vont-elles arriver : /v t laRive /
______________________________________________________
La liaison est facultative dans les cas suivants :
Entre le pluriel d’un nom et un adjectif.
Exemple
Des vacances agréables : / devak sagreabl / ou / devak szagreabl /
______________________________________________________
Entre l’auxiliaire « être » conjugué à la troisième personne (présent) et le participe passé ou l’adjectif.
Exemples
Il est admirable : / il admiRabl / ou / il tadmiRabl /
Ils sont obligés de le faire : / ils ↄbliȜedəlf R/ ou / ils tↄbliȜedəlf R /
F.2.3. Le rôle de la liaison
La liaison peut avoir un rôle grammatical ou sémantique.
Rôle grammatical
La liaison permet de distinguer, à l’oral, le singulier du pluriel.
Exemple
/ k lami / : quel ami.
/ k lzami / : quels amis.
________________________________________________
Rôle sémantique
La liaison permet de faire la distinction entre des homonymes.
Exemple
/ le’otœR / : les hauteurs.
/ lezotœR / : les auteurs.
F.3. L’élision
C’est la suppression des voyelles finales /a, /ə/ et /i/ devant un mot qui commence par une voyelle ou par un « H » muet. La voyelle supprimée est dite élidée, elle est remplacée à l’écrit par une apostrophe.
Exemples
L’image : / limaȜ /
L’homme : / lↄm /
F.3.1. les cas de l’élision
L’élision est dans des cas obligatoire, et dans d’autres elle est interdite.
L’élision est obligatoire dans les cas suivants :
Avec les articles définis (le et la).
Exemples
L’ours : / luRs /
L’armure : / laRmyR /
__________________________________________________
Avec (de, ne, me, te, se, ce, je et que).
Exemples
Le chat d’hier : / ləʃadij R /
Il n’est pas là : / iln pala /
Tu m’as blessé : / tymablese /
Il t’a menti : / iltam ti /
Il s’absente souvent : / ilsaps tsuv /
C’est génial : / s Ȝenjal /
J’arrive : / ȜaRiv /
J’espère qu’elle va bien : / Ȝ sp Rk lvabj /
__________________________________________________
Entre la conjonction (si) et les pronoms personnels (il et ils).
Exemple
Vérifie s’ils sont partis : / veRifisils paRti /
__________________________________________________
Avec (jusque, lorsque et puisque).
Exemples
Jusqu’ici : / Ȝyskisi /
Lorsqu’il a fini : / lↄRskilafini /
Puisqu’elle est là : / pɥisk l la /
__________________________________________________
L’élision est interdite dans les cas suivants :
Devant le « H » aspiré.
Exemple
La haine : / la’en /
_____________________________________________________
Devant les numéros (onze, onzième, huit et huitième).
Exemples
Le onze mai : / lə zm /
Le onzième joueur : / lə zj mjwœR /
Le huit mars : / lə’ɥimaRs /
Le huitième de final : / lə’ɥitj mdəfinal /
_____________________________________________________
Devant les mots qui commencent par la lettre (Y).
Exemple
Le yaourt : / ləjauRt /
_____________________________________________________
Après (presque).
Exemple
Elle est venue presque à temps : / l vnypR skat /
_____________________________________________________
La lettre (U) ne s’élide pas.
Exemple
Tu es venu : / ty vny /
Remarque
Il n’y a pas d’élision avec (quelque) sauf dans (quelqu’un et quelqu’une).
Exemples
Ils ont dû avoir quelque accident : / ilz dyavwaRk lkəaksid /
Il a peur de quelqu’un : / ilapœRdək lk /
F.4. l’assimilation
C’est un phénomène par lequel un son perd ou acquiert un ou plusieurs traits articulatoires en contactant d’autres sons dans la chaine parlée.
F.4.1. L’assimilation en contact
Elle se réalise entre des sons contigus. L’assimilation en contact peut être partielle ou totale.
L’assimilation partielle
Le son assimilé garde un ou plusieurs traits distinctifs, il ne va pas se confondre entièrement avec le son contigu.
Exemple 1
Prenons le mot obstacle.
Avant assimilation
Obstacle : / ↄbstakl /
Assimilation
/b/ : consonne sonore.
/s/ : consonne sourde.
/p/ : consonne sourde.
Résultat
Obstacle : / ↄpstakl /. C’est une Assimilation partielle (régressive) de dévoisement.
_______________________________________________________________
Exemple 2
Prenons le mot subsister.
Avant assimilation
Subsister : / sybsiste /
Assimilation
/b/ : consonne sonore.
/s/ : consonne sourde.
/z/ : consonne sonore.
Résultat
Subsister : / sybziste /. C’est une assimilation partielle (progressive) de voisement.
______________________________________________________________
L’assimilation totale
Le son assimilé disparait complètement sous l’influence du son contigu.
Exemple
Prenons le mot maintenant.
Avant assimilation
Maintenant : /m tn /
Assimilation
/ / : nasal.
/t/ : oral.
/n/ : nasal.
Résultat
Maintenant : / m nn /. C’est une Assimilation totale de nasalité.
Remarques
L’assimilation régressive se fait de droite à gauche. Quant-à l’assimilation progressive, elle se réalise de gauche à droite.
L’assimilation de nasalité est dite aussi assimilation « double » car elle est à la fois progressive et régressive. Par exemple dans le mot (maintenant), le /t/ devient /n/ sous le double contexte nasal qui le précède et le suit.
F.4.2. L’assimilation à distance
Elle se réalise entre des sons qui ne sont pas contigus. L’assimilation à distance est plus connue sous le nom de dilation ou d’harmonisation vocalique.
Exemple 1
Le mot (beaucoup) chez les québécois se prononce souvent /buku/ au lieu de /boku/.
/ buku /. C’est une Dilation régressive.
__________________________________________________________________
Exemple 2
Prenons le mot ébène.
Ebène : / eb n /.
En ajoutant le suffixe (ist), la voyelle mi-ouverte / / change en une voyelle mi-fermée afin de créer une harmonie avec les deux autres voyelles du mot.
Ebéniste : / ebenist /. C’est une dilation progressive.
__________________________________________________________________
Exemple 3
Prenons le mot disséminer.
Avant dilation
Disséminer : / disemine /.
La voyelle mi-fermée /e/ est précédée et suivie par la même voyelle fermée /i/. Le /e/ change donc en /i/ pour créer un tout vocalique harmonieux.
Après dilation
Disséminer : / disimine /. C’est une dilation double.
Exercice 4
Donnez 3 différences entre l’enchainement consonantique et la liaison au moyen d’exemples.
Trouvez et décrivez les assimilations dans (bec de gaz) et (pas de quoi).
Corrigé-type
Les trois différences entre l’enchainement consonantique et la liaison sont :
La consonne d’enchainement est toujours prononcée alors que la consonne de liaison est muette avant qu’on combine les mots.
Exemple
Une petite enfant et un petit enfant.
Avant enchainement
Petite / pətit /
Après enchainement
Une petit enfant / pətit f /
Avant liaison
Petit / pəti /
Après liaison
Un petit enfant / pətit f /
___________________________________________________________
La consonne d’enchainement ne change jamais de nature, contrairement à la consonne de liaison qui prend souvent une nouvelle forme.
Exemple
Ma grande amie et mon grand ami.
Enchainement
Ma grande amie / magR dami /
Liaison
Mon grand ami / m gR tami /
_____________________________________________________________
L’enchainement consonantique change la structure syllabique des mots enchainés. Par contre, la liaison ne me modifie pas la structure des mots liés.
Exemple
Une petite enfant et un petit enfant.
Avant enchainement
Une / yn /
Petite / pə tit /
Enfant / f /
Après enchainement
/ yn pə ti t f /
Avant liaison
Un / /
Petit / pə ti /
Enfant / f /
Après liaison
/ pə ti t f /
Il y a une assimilation partielle dans les deux expressions :
Bec de gaz.
Avant assimilation
/ b kdəgaz /
Après assimilation
/k/ : consonne sourde.
/d/ : consonne sonore.
/g/ : consonne sonore.
Résultat
/ b gdəgaz /. C’est une assimilation partielle (régressive) de voisement.
_______________________________________________________
Coup de chapeau.
Avant assimilation
/ kudʃapo /
Après assimilation
/d/ : consonne sonore.
/ʃ/ : consonne sourde.
/t/ : consonne sourde.
Résultat
/ kutʃapo /. C’est une assimilation partielle (régressive) de dévoisement.
La prosodie
La prosodie est un domaine de recherche vaste et hétérogène, on y étudie les traits prosodiques tels que l’accent, l’intonation, la mélodie, le débit, le rythme, etc. Ces traits présentent la caractéristique commune de ne jamais apparaître seuls, ils nécessitent le support d’autres signes linguistiques.
Les éléments prosodiques sont physiquement déterminés par plusieurs paramètres acoustiques dont les trois principaux sont : la fréquence fondamentale F° (appelée aussi mélodie), l’intensité et la durée. La synthèse de la parole à des fins prosodiques nécessite un contrôle simultané de ces trois paramètres.
L’accentuation
C’est un phénomène provenant de la mise en relief d’une syllabe. Il se manifeste par une augmentation physique de longueur, d’intensité et éventuellement un changement de fréquences lors du passage d’une syllabe inaccentuée à la syllabe accentuée, comme dans les langues d’extrême orient, du suédois, du grec ancien et du latin. La mise en relief de la syllabe par intensité se traduit par une augmentation de la force expiratoire, en effet, il y a plus d’air qui sort des poumons, et une plus grande vibration des cordes vocales. Cet accent est appelé accent dynamique ou expiratoire. Dans ce cas, la durée et la hauteur interviennent comme des éléments secondaires.
Le français utilise la durée comme principale marque d’accentuation. En fait, la syllabe accentuée est deux fois plus longue que la syllabe ordinaire, quelles que soient les variations de durée dues au nombre de phonèmes dans la syllabe, à leur distribution, au type d’énoncé et à la personnalité du locuteur. A ce propos, Les études ont montré que les hommes allongent les syllabes plus que les femmes.
Il existe deux types d’accent en français : l’accent tonique et l’accent d’insistance.
A.1. L’accent tonique
C’est un accent fixe car il se place sur la dernière syllabe d’un groupe syntagmatique. La différence entre la syllabe accentuée et les syllabes inaccentuées est faible. L’accent tonique en français a une fonction démarcative car il sert à démarquer les éléments dans la phrase. Il n’apporte aucune modification au sens, contrairement à l’accent dans d’autres langues comme l’italien et l’espagnol.
Exemple
Je rentre à la maison / ȜəR tRalam z /
A.2. L’accent d’insistance
Il est appelé aussi accent expressif ou émotionnel car il sert à exprimer les sentiments du locuteur, tels que la joie, la colère, l’étonnement, etc. Cet accent se manifeste par la mise en relief de la force et de la durée d’un ou plusieurs phonèmes, notamment des consonnes. En français, l’accent d’insistance est mobile car il se place généralement sur la 1ère ou la 2ème syllabe d’un mot.
Exemple
C’est magnifique / s maɲifik /
Remarque
L’accent d’insistance a une valeur pédagogique lorsqu’il est utilisé pour attirer l’attention des étudiants sur tel ou tel point du discours. C’est pour cela qu’on l’appelle aussi accent didactique.
L’intonation
L’intonation est souvent définie comme des variations de hauteur qui porte sur un ensemble de mots formant une courbe mélodique. Elle se manifeste par une montée de la voix causée par l’augmentation de la vitesse de vibrations des cordes vocales.
L’intonation peut jouer plusieurs rôles. Les variations de celle-ci indiquent les frontières des groupes de sens, elle a dans ce cas une fonction de démarcation.
Exemple
Tu ne l’as pas vu ? Elle a vraiment besoin de lui. / tynlapavy lavr m bəzw dəlɥi /
L’intonation peut aussi donner différents sens à la même phrase. Elle a dans ce cas une fonction de modalisation.
Exemple
Prenons la phrase (Il est parti)
Il est parti. / il paRti /
Il est parti ? / il paRti /
Les niveaux mélodiques
Il existe cinq niveaux d’intonation en français. Chaque niveau est représenté par un chiffre.
Le niveau 1 :
Il correspond au point le plus bas où s’achève l’énoncé. C’est une intonation qu’on entend à la fin d’une phrase déclarative.
Le niveau 2 :
Il correspond au niveau moyen de la voix. C’est une intonation de base qui indique le point de départ d’un énoncé, nous l’entendons au début d’une phrase déclarative.
Le niveau 3 :
Il correspond au niveau de montée mélodique possible dans le cas d’une séquence de continuité. Cette intonation est portée par un groupe rythmique avant la fin d’une phrase déclarative, elle indique l’existence d’une autre séquence qui suit.
Le niveau 4 :
Il correspond aussi au niveau de montée mélodique possible lors d’une séquence de continuité. C’est le niveau auquel aboutit la fin de la courbe mélodique d’une question totale.
Le niveau 5 :
C’est une intonation qu’on entend à la fin d’une phrase exclamative ou au début d’une phrase impérative. Elle renseigne sur l’état d’esprit du locuteur, c’est-à-dire s’il est surpris, impatient, énervé, etc.
Exemples
Elle a rencontré Imen à au marché. / (2) laR k tRe(3)im nomaR(1)ʃe / (déclarative).
Elle a rencontré Imen à au marché ? / (2) laR k tRe(3)im nomaR(4)ʃe / (interrogative).
Elle a rencontré Imen à au marché ! / (2) laR k tRe(3)im no(4)maR(5)ʃe / (exclamative).
Sors de la maison tout de suite ! / (5)SↄRdla(3)m z tut(1)sɥit / (impérative).
2.3.4. Mode d’évaluation
Contrôles écrits 100%
2.3.5. Références
Ouvrages
ANGOUJARD.J-P, WAUQUIER-GRAVELINES.S, Phonologie : Champs et perspectives, ENS Editions, 2003.
DUBOIS.J, Dictionnaire de Linguistique, Larousse, 2002.
GUIMBRETIERE.E, Phonétique et enseignement de l’oral, Didier, 1994.
Sites web



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