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Phonétique

  1. Phonétique

Le cours de phonétique est destiné aux étudiants de 1ère année licence. Dans ce cours, il est question d’étudier les sons du langage de manière scientifique et de comprendre le fonctionnement de l’appareil phonatoire responsable de l’articulation de ces sons.

  1. Objectifs

Les principaux objectifs du cours de phonétique sont :

  1. Comprendre les mécanismes de production, de transmission et de réception des sons du langage.

  2. Percevoir et prononcer correctement les phones du français.

  3. Etre en mesure de transcrire phonétiquement des phrases simples selon les symboles de l’API.

2.2.2. Programme

  1. Introduction.

  2. Les parties de la phonétique

  3. La phonétique acoustique

  4. Le son

  5. L’onde

  6. Quelques propriétés physiques du son

C.1. La durée

C.2. L’amplitude

C.3. La fréquence

C.4. La hauteur

C.5. L’intensité

C.6. Le timbre

1.2. La phonétique auditive

  1. A. Le système périphérique

  2. A.1. L’oreille externe

  3. A.2. L’oreille moyenne

  4. A.3. L’oreille interne

  5. B. Le système central

  6. 1.3. La phonétique articulatoire

  7. A. Les poumons

  8. B. Le larynx

  9. C. Les cavités supra-glottiques

  10. C.1. La cavité pharyngale

  11. C.2. La cavité nasale

  12. C.3. La cavité labiale

  13. C.4. La cavité buccale

  14. 2. Le système phonétique du français

  15. 2.1. Le système consonantique

  16. A. Les consonnes occlusives

  17. B. Les consonnes constrictives

  18. B.1. Les fricatives

  19. B.2. La vibrante

  20. B.3. La latérale

  21. C. Les glides

  22. 2.2. Le système vocalique

  23. A. Les traits articulatoires des voyelles

  24. A.1. La nasalité

  25. A.2. La labialité

  26. A.3. La zone d’articulation

  27. A.4. L’aperture

  28. B. Le trapèze vocalique

  29. C. Description des voyelles

  30. C.1. Les voyelles orales

  31. C.2. Les voyelles nasales

  32. 3. La transcription phonétique

  33. Exercice

  34. Glossaire

2.2.3. Contenu

Introduction

La phonétique est une branche de la linguistique qui s’intéresse à la parole. Le terme phonétique vient originellement du mot grec phonetikos qui veut dire « ce qui concerne le son ».

La phonétique est l’étude scientifique des sons du langage humain. Elle s’intéresse à la façon dont ces sons sont produits. C’est une science de l’oral qui cherche à comprendre et à expliquer le fonctionnement matériel des sons, elle étudie tous les éléments qui participent à la formation de la base phonique des langues. La phonétique est souvent définit comme la science de la face matérielle des sons du langage.

  1. Les parties de la phonétique

Il existe trois grandes branches de la phonétique. La première s’intéresse à la production du son, c’est la phonétique articulatoire. La seconde étudie la transmission du son, c’est la phonétique acoustique. Quant à la dernière, elle se consacre la réception du son, c’est la phonétique auditive.

1.1. La phonétique acoustique

C’est l’étude des propriétés physiques du son et sa transmission entre émetteur et récepteur à l’aide d’instruments techniques variés, comme l’analyseur de mélodie et le spectrographe. Ces appareils nous permettent de déterminer s’il s’agit de sons aigus ou graves, compacts ou diffus, forts ou faibles, longs ou brefs, etc.

  1. Le son

Le son est la propagation d’une vibration dans l’air. Cette propagation se fait dans un milieu élastique : un gaz (l’air), un liquide (l’eau) ou un solide (un rail de chemin de fer). Il n’y a pas de propagation possible du son dans le vide. Un milieu est dit élastique lorsqu’il est capable de se déformer pour encaisser un choc ou laisser passer une onde, puis de reprendre son état initial.

L’air fait partie des milieux élastiques : ses molécules oscillent autour de leur position initiale en fonction des caractéristiques de l’onde sonore qui les traverse. C’est cette perturbation de l’atmosphère que perçoit notre oreille. Les molécules déplacées retrouvent toujours leur place après le passage de la perturbation. Ceci est dû à l’élasticité du milieu.

La propagation du son diminue avec la distance. En fait, l’air oppose une résistance au son, c’est cette résistance qui entraîne la diminution du volume sonore avec la distance, puis la disparition complète du son. Avec la distance, l’ampleur des mouvements qu’effectuent les molécules devient de plus en plus faible.

  1. L’onde

C’est une perturbation qui se propage dans un milieu élastique. À l’origine de ce phénomène se trouve toujours un apport d’énergie : doigt qui touche une corde de guitare, pierre jetée dans l’eau, émission de sons par les organes de la parole, etc. Tous ces exemples sont des phénomènes ondulatoires.

  1. Quelques propriétés physiques du son

Le son possède plusieurs propriétés. En voici quelques unes :

C.1. la durée

Elle est égale au temps que met une onde pour accomplir un cycle.

C.2. l’amplitude

C’est la distance parcourue par l’onde.

C.3. La fréquence

C’est le nombre de cycles effectués par la vibration. L’unité de fréquence est l’Hertz (Hz). En effet, une basse fréquence donne un son grave, une haute fréquence donne un son aigu.

C.4. La hauteur

C’est une sensation auditive basée sur la perception de la fréquence du signal acoustique. Ce paramètre nous permet de distinguer un son aigu (fréquence élevée) d’un son grave (fréquence basse).

C.5. L’intensité

C’est une sensation auditive basée sur la perception de la force du signal acoustique. Ce paramètre dépend de l’amplitude de vibrations, il nous permet de distinguer un son fort (grande amplitude) d’un son faible (petite amplitude).

C.6. Le timbre

C’est une qualité acoustique qui garantit la discrimination auditive des sons. Sans le timbre acoustique, des événements sonores ayant les mêmes propriétés de durée, de fréquence et d’amplitude resteraient indistincts sur le plan auditif.

1.2. La phonétique auditive

Elle étudie la réception et le décodage des sons par l’appareil auditif. Le système auditif se compose de deux parties : Le système périphérique et le système central.

  1. Le système périphérique

Ce système n’est autre que l’oreille. Celle-ci se divise en trois parties :

A.1. L’oreille externe

Elle joue un rôle essentiel dans la localisation sonore (le son provient-il de l’avant ou de l’arrière, du haut ou du bas, de gauche ou de droite ?).

A.2. L’oreille moyenne

Elle transmet les vibrations aériennes à l’oreille interne.

A.3. L’oreille interne

C’est ici que les impulsions sonores sont converties en influx nerveux puis acheminées au cerveau.

  1. Le système central

Il commence des premiers neurones au néocortex. Ce dernier est constitué de deux ensembles de fibres nerveuses : un système afférent qui va de l’oreille au cortex (siège des fonctions neurologiques élaborées comme l’intelligence, le mouvement volontaire, la conscience, la sensibilité), et un système efférent qui va du cortex vers l’oreille.

2.3. La phonétique articulatoire

On l’appelle aussi phonétique « physiologique ». Elle examine les productions orales faites à l’aide de l’appareil phonatoire. Le fonctionnement de cet appareil repose sur l’interaction entre trois grandes structures : les poumons, le larynx et les cavités supra-glottiques (pharyngale, nasale, buccale et labiale). Les deux premières structures fournissent ce qui est essentiel pour la production de n’importe quel son, c’est-à-dire une source d’air. La troisième structure renferme les organes qui permettent de modifier le son qui est émis par le travail conjoint des deux premières structures. L’appareil phonatoire comprend également les muscles, ligaments, et autres structures impliqués directement ou indirectement dans la phonation.

  1. Les poumons

Ils font partie des composantes subglottales du conduit vocal. Leur fonction principale est évidemment de permettre au corps de s’oxygéner et d’expulser les déchets gazeux. Cependant, ils fournissent aussi l’air nécessaire à la phonation.

La respiration comprend deux phases : l’inspiration et l’expiration. Lors de l’inspiration, l’action conjointe du diaphragme qui se contracte et s’abaisse, et des muscles intercostaux permet de créer un vide dans les poumons qui est rempli par la pénétration d’air. Lors de l’expiration, le diaphragme se relâche et laisse ainsi s’échapper l’air des poumons qui peut être utilisé pour produire des sons. Cet air passe par la trachée qui le filtre pour améliorer sa qualité.

  1. Le larynx

C’est une structure fondamentale dans la production du son. Il connecte la trachée au pharynx et agit comme une valve à travers laquelle l’air doit passer lors de la respiration et de la phonation. Le larynx crée, par le jeu des cordes vocales, l’énergie sonore utilisée dans la parole.

Dans la partie moyenne du larynx se trouvent les « cordes vocales ». Ces petits muscles sont rattachés à l’avant à la paroi fixe du larynx et en arrière aux deux aryténoïdes mobiles. Ces derniers sont de petits cartilages qui écartent et rapprochent les cordes vocales, déterminant ainsi l’ouverture ou la fermeture de la glotte. Les cordes vocales jouent un rôle essentiel dans la production de la voix. Pendant la phonation, elles sont rapprochées et la glotte est fermée. La pression exercée par la poussée de l’air provenant des poumons fait vibrer les cordes vocales, produisant des sons « voisés » ou « sonores » comme [v] et [d]. S’il n’y a pas de vibrations, nous entendons des sons « non voisé » ou « sourds » comme [f] et [t].

  1. Les cavités supra-glottiques

Lorsque le son sort de la glotte, il passe à travers les organes vocaux supérieurs appelés cavités supra-glottiques où il est modifié. Ces cavités servent à faire résonner le son et à lui donner une caractéristique particulière qui permettra, par exemple, de différencier les voyelles des consonnes. La caractéristique de chaque son provient essentiellement de la modification de la forme des résonateurs à l’aide des mouvements de certains organes.

C.1. La cavité pharyngale 

Le pharynx est un conduit aéro-digestif. Il est situé derrière la langue, à la jonction entre les cavités buccale et nasale. En français, la cavité pharyngale ne produit aucun son. Toutefois, dans certaines autres langues, comme l’arabe, elle est utilisée pour l’articulation de certaines consonnes.

C.2. La cavité nasale

Elle comporte les fosses nasales.

C.3. La cavité labiale 

Les lèvres sont les parties charnues qui bordent extérieurement la bouche. Elles s’amincissent pour se joindre aux commissures.

C.4. La cavité buccale 

Elle comporte plusieurs organes :

– La langue : C’est une masse musculaire divisée en trois parties : l’apex, le dos et la racine. La langue constitue l’articulateur principal des différents sons.

– Les dents.

– Les alvéoles : Ils sont situés dans la partie osseuse antérieure de la voûte palatine. Ce sont les rebords de chair qui se trouvent derrière et au dessus des incisives supérieures.

– Le palais : C’est la paroi supérieure de la cavité buccale. Derrière les alvéoles on trouve le plais dur (formé d’os) puis le palais mou ou voile du palais (formé de muscles). A l’extrémité du palais mou on trouve un organe mobile appelé la luette ou uvule.

Schéma de l’appareil phonatoire (http://www.sfu.ca/fren270/phonetique/page3_4.html#start)

  1. Le système phonétique du français

Il comprend 36 phonèmes : 16 voyelles et 20 consonnes. La différence entre voyelle et consonne s’effectue de la manière suivante :

– Si le passage de l’air à partir de la glotte est libre, on a affaire à une voyelle.

– Si le passage de l’air à partir de la glotte est obstrué, complètement ou partiellement, on a affaire à une consonne.

Remarque

Le phonème est l’unité minimale qui constitue le 2ème niveau de la double articulation d’A. Martinet, sa fonction est de distinguer les unités de la 1ère articulation.

2.1. Le système consonantique

Le classement des consonnes se base essentiellement sur la distinction entre mode d’articulation et point d’articulation.

Le mode d’articulation est défini par un certain nombre de facteurs qui modifient la nature du courant d’air expiré :

  1. La vibration des cordes vocales produit une consonne sonore. L’absence des vibrations produit une consonne sourde.

  2. Le passage de l’air par une voix unique (la bouche) produit une consonne orale. Cependant, le passage par deux voies différentes (bouche et nez) produit une consonne nasale.

  3. La fermeture totale du conduit vocal produit une consonne occlusive, alors que la fermeture partielle de ce conduit produit une consonne constrictive.

Le point d’articulation est l’endroit où se trouve un obstacle sur le passage de l’air.

  1. Les consonnes occlusives

Elles sont produites par une fermeture complète du conduit vocal en un point quelconque du chenal expiratoire.

OralesOralesNasalesSourdesSonoresSonoresBilabiales[ p ][ b ][ m ]Apico-dentales[ t ][ d ][ n ]Vélaires[ k ][ g ]Dorso-palatale [ ɲ ]

Tableau des consonnes occlusives

  1. Les consonnes bilabiales sont produites par le contact des deux lèvres.

Pas  [ pa ]

Abri  [ abRi ]

Flamme  [ flam ]

______________________________________________________________

  1. Les consonnes apico-dentales sont produites par le contact de l’apex avec les dents de la mâchoire supérieure.

Tour  [ tuR ]

Admis  [ admi ]

Mine  [ min ]

________________________________________________________________

  1. Les consonnes vélaires sont produites pat le contact du dos de la langue avec le palais mou.

Car  [ kaR ], qui  [ ki ], kiwi  [ Kiwi ], gare  [ gaR ]

  1. La consonne dorso-palatale est produite par le contact du dos de la langue avec le palais dur.

  2. Agneau  [ aɲo ]

  3. Les consonnes constrictives

Elles sont produites par le resserrement du conduit vocal en un point quelconque du chenal expiratoire.OralesOrales SourdesSonoresFricativesSifflantes alvéolaires[ s ][ z ]FricativesChuintantes alvéolaires[ ʃ ][ Ȝ ]FricativesLabiodentales[ f ][ v ]VibranteUvulaire[ R ]LatéraleApico-alvéolaire[ l ]

Tableau des consonnes constrictives

B.1. Les fricatives

Elles sont prononcées avec le dos de la langue abaissé :

  1. Les sifflantes alvéolaires sont produites par le rapprochement de l’apex vers la région alvéolaire.

Sardine  [ sardin ], acide [ asid ]

Zéro  [ zero ], phase  [ faz ]

  1. les chuintantes alvéolaires sont produites par le rapprochement de la langue vers la région post-alvéolaire.

Chat  [ ʃa ]

Jus  [ Ȝy ], rage  [ RaȜ ]

______________________________________________________________

  1. Les labiodentales sont produites par le rapprochement de la lèvre inférieure des dents supérieures.

Faux  [ fo ]. aphasie  [ afazi]

Vie  [ vi ].

B.2. La vibrante

Elle est le produit d’une vibration de la luette. Pour l’articuler, la luette prend appui contre le dos de la langue.

Pire  [ piR ]

B.3. La latérale

Pour la produire, l’apex se pose sur les alvéoles, le dos de la langue est relevé et les bords sont abaissés, ce qui permet à l’air de s’écouler par les cotés de la langue.

Mal  [ mal ]

  1. Les glides

Ce sont des sons constrictifs qui peuvent être envisagés tantôt comme des voyelles, tantôt comme des consonnes. C’est pour cela qu’on les appelle semi-consonnes ou semi-voyelles.

OralesOraleSonoresSonoreArrondiesNon arrondieFricativedorso-palatale [ j ]Fricativelabio-palatale[ ɥ ]Fricativelabio-vélaire[ w ]

Tableau des glides

Travail  [ tRavaj ]

Nuit  [ nɥi ]

Soir  [ swaR ]

2.2. Le système vocalique

Il concerne les voyelles. Ce sont des sons caractérisés par l’écoulement libre de l’air à travers l’appareil phonatoire. Le seul traitement que l’air expiré peut subir est la résonance. Il existe en effet trois résonateurs : buccal, nasal et labial. La nature des voyelles dépend de la variation du nombre, forme et volume de ces résonateurs.

  1. Les traits articulatoires des voyelles

A.1. La nasalité

Ce trait est un des modes d’articulation des voyelles. Il est en rapport avec le nombre de résonateurs :

– Si le voile du palais est relevé, l’air s’échappe exclusivement par le résonateur buccal, nous avons dans ce cas une voyelle « orale ».

– Si le voile du palais est abaissé (s’écarte de la paroi pharyngale), l’air traverse à la fois les résonateurs buccal et nasal, nous avons dans ce cas une voyelle « nasale ».

A.2. La labialité

Ce trait est également un des modes d’articulation des voyelles. Il concerne la présence ou non du résonateur labial :

– Si les lèvres sont projetées vers l’avant, nous avons une voyelle « arrondie ».

– Si les lèvres sont appliquées contre les dents, nous avons une voyelle « non arrondie ».

A.3. La zone d’articulation

Nous parlons ici du lieu d’articulation des voyelles, et plus précisément de la forme du résonateur buccal. Celui-ci est déterminé par la position de la langue dans la bouche :

  1. Si la masse de la langue se trouve dans la région pré-palatale, nous avons une voyelle « antérieure ».

  2. Si la masse de la langue se trouve dans la région post-palatale, nous avons une voyelle « postérieure ».

  3. Si la masse de la langue se trouve dans la région médio-palatale, nous avons une voyelle « centrale ».

A.4. L’aperture

Ce trait concerne le volume du résonateur buccal. Le degré d’aperture est la distance séparant le point le plus élevé de la langue du palais. Il existe 4 degrés d’aperture, ceux-ci sont déterminés arbitrairement car ils n’ont aucune mesure précise :

  1. 1er degré (aperture minimale) : voyelle « fermée ».

  2. 2ème degré : voyelle « mi-fermée ».

  3. 3ème degré : voyelle « mi-ouverte ».

  4. 4ème degré (aperture maximale) : voyelle « ouverte ».

  1. Le trapèze vocalique

C’est une forme géométrique qui représente la position approximative de la langue lors de l’articulation des voyelles du français.

Trapèze vocalique

  1. Description des voyelles

Il existe 16 voyelles en français, dont 12 sont orales et 4 sont nasales.

C.1. Les voyelles orales

AntérieuresAntérieuresCentralePostérieurePostérieuresNon arrondiesArrondiesNon arrondieNon arrondieArrondiesFermées[ i ][ y ][ u ]Mi-fermées[ e ][ ø ][ o ]Moyenne [ ə ]Mi-ouvertes[ ɛ ][œ ][ ↄ ]Ouvertes[ a ][ ɑ ]

Tableau des voyelles orales

Tir  [ tiR ]

Dune  [ dyn ]

Boue  [ bu ]

Aller  [ ale ]

Feu  [ fø ]

Mot  [ mo ]

Le  [ lə ]

Malaise  [ malɛz ]

Bœuf  [ bœf ]

Odeur  [ ↄdœR ]

Ami  [ ami ]

Lâche  [ lɑʃ ]

C.2. Les voyelles nasales

AntérieureAntérieurePostérieurePostérieureNon arrondieArrondieNon arrondieArrondieMi-ouvertes[ ~ɛ ][ ~ɶ ][ ~ↄ ]Ouverte [ ~ɑ ]

Tableau des voyelles nasales

Inde  [ ~ɛ d ]

Impact  [ ~ɛ pakt ]

Pain  [ p ~ɛ ]

Faim  [ f ~ɛ ]

Rein  [ R ~ɛ ]

Syndicat  [ s ~ɛ dika ]

Sympa  [ s ~ɛ pa ]

Lundi  [ l ~ɶ di ]

Parfum [ paRf ~ɶ ]

Monde  [ m ~ↄ d ]

Ombre  [ ~ↄ bR ]

Langue  [ l ~ɑ g ]

Pamplemousse  [ p ~ɑ pləmus]

Fente  [ f ~ɑ t ]

Semblable  [ s ~ɑ blabl ]

Remarques

  1. Toutes les voyelles sont sonores.

  2. Le (e) caduc ou schwa est une voyelle considérée comme « neutre ». Elle est centrale en lieu d’articulation et moyenne en aperture.

  1. La transcription phonétique

Les phonèmes sont représentés par des symboles tirés de l’Alphabet phonétique internationale (API) ; c’est ce que nous appelons la transcription phonétique. Cette dernière fait correspondre à chaque son d’une langue un symbole. Elle vise la conservation sous forme graphique de tout ce qui est prononcé, elle permet aussi de ne pas tomber dans les pièges de l’orthographe qui confond souvent son et lettre.

Quelques règles de la transcription phonétique

  1. On transcrit [o] avec les graphies (au – eau).

Pauvre  [ povR ]

Anneau  [ ano ].

_____________________________________________________________

  1. On transcrit [o] et [ø] lorsqu’ils sont suivis par le son [z].

Dose  [ doz ]

Creuse  [ kRøz].

_____________________________________________________________

  1. On transcrit [o] et [ø] lorsqu’il y a l’accent circonflexe sur ces voyelles.

Pôle  [ pol ]

Jeûne  [ Ȝøn ]

  1. On transcrit [ↄ] lorsqu’il est au début du mot.

Obstacle  [ ↄpstakl ]

_______________________________________________________________

  1. On transcrit [ ɛ ] avec la terminaison de l’imparfait (ais, ait, aient).

Tu disais [ tydizɛ ]

Il disait [ ildizɛ ]

Ils disaient  [ ildizɛ ]

________________________________________________________________

  1. On transcrit [ ɛ ] avec la graphie (et) quand elle se trouve à la fin du mot.

Carnet  [ kaRnɛ ]

_________________________________________________________________

  1. On transcrit [e] avec la terminaison verbale du futur simple (ai).

J’irai  [ ȜiRe ]

________________________________________________________________

  1. On transcrit [e] avec la terminaison verbale de l’infinitif (er).

Taper  [ tape ]

  1. On transcrit [e] lorsqu’il y a l’accent aigu (é). On transcrit [ɛ] lorsqu’il y a l’accent grave (è).

Les élèves  [ lezelɛv ]

_________________________________________________________________

  1. On transcrit généralement [ ɛ ] [œ] [ↄ] lorsque la syllabe se termine par une consonne (syllabe fermée).

Amer  [ amɛR ]

Ailleurs  [ ajœR ]

Parasol  [ paRasↄl ]

___________________________________________________________________

  1. On transcrit généralement [e] [ø] [o] lorsque la syllabe se termine par une voyelle (syllabe ouverte).

Des  [ de ]

Deux  [ dø ]

Dos [ do ]

Exercice

Transcrivez les phrases suivantes :

  1. Il est huit heures moins quart.

  2. Elle est vraiment trop belle.

  3. Ne faites pas de bruit car je me réveille tôt.

  4. Ils t’ont appelé plusieurs fois.

  5. Cette chemise m’a couté deux cents dinars.

  6. Quelle méthode avez-vous suivi pour résoudre cette énigme ?

  7. On peut trouver des loups dans cette montagne. Donc restez sur vos gardes !

  1. Elle a un mauvais pressentiment depuis quelques jours.

  1. Les vacances de l’année précédente étaient magnifiques.

Corrigé-type

  1. [il ɥitœRmw kaR]

  2. [ l vR m tRob l]

  3. [Nəf tpadəbrɥikaRȜəmRev jto]

  4. [ilt apleplyzjœRfwa]

  5. [s tʃəmizmakuted s dinaR]

  6. [k lmetↄdavevusɥivipuRezudRs tenigm]

  7. [ p tRuvedelud s tm taɲd kR stesyRvogard]

  8. [ la mov pres tim dəpɥik lkəȜuR]

  9. [levak sdəlanepresed tet maɲifik]

Glossaire

  1. Apex : Pointe de la langue.

  2. Cartilage : Tissu conjonctif dense et élastique qui se trouve à la jonction des os.

  3. Diaphragme : Muscle qui sépare le thorax de l’abdomen.

  4. Fosses nasales : Cavités situées au-dessus et en arrière du nez.

  5. Glotte : Espace vide entre les cordes vocales.

  6. Incisives : Les quatre dents médianes et antérieures qui permettent de trancher les aliments.

  7. Influx nerveux : Phénomène qui permet de transmettre les messages sensitifs dans les centres nerveux.

  8. Ligament : Bande constituée de tissu conjonctif fibreux et élastique dont le rôle est de suspendre ou fixer des organes.

  9. Néocortex : Partie la plus étendue de l’écorce cérébrale qui recouvre les faces latérales du cerveau.

  10. Neurone : Cellule nerveuse.

  11. Résonance : Augmentation de l’amplitude et de l’intensité d’un son.

  12. Spectrographe : Analyseur de son permettant de photographier les spectres.

  13. Trachée : Canal qui relie le larynx aux bronches des poumons.

2.2.4. Mode d’évaluation

Contrôles écrits 100%

2.2.5. Références

Ouvrages

CHISS.J-L, FILLIOLET.J, MAINGUENEAU.D, Introduction à la linguistique française tome 1 : Notions fondamentales, phonétique, lexique, Hachette, 2001.

DUBOIS.J, Dictionnaire de Linguistique, Larousse, 2002.

GUIMBRETIERE.E, Phonétique et enseignement de l’oral, Didier, 1994.

LABORDERIE.N, Précis de phonétique historique, Nathan, 1994.

Sites web

  1. /g/ – /s/ et /z/ – /l/ et /R/ – /i/ et /y/ – /o/ et /u /.

Corrigé-type

Pas : / pa /

Bas : / ba /

____________

Monte : / m t /

Monde : / m d /

____________

Quart : / kaR /

Gare : / GaR /

____________

Face : / fas /

Phase : / faz /

Lame : / lam /

Rame : / Ram /

____________

Dire : / diR /

Dur : / dyR /

____________

Lot : / lo /

Loup : / lu /

  1. Les traits pertinents

Nous les appelons aussi « traits distinctifs ». Ce sont des éléments phoniques susceptibles d’opposer les phonèmes d’une langue. Prenons comme exemple les mots pot et beau : Ils s’opposent par le trait de voisement qui est absent dans le premier mot et présent dans le deuxième.

Pot : / po /, beau : / bo /

/p/ : Consonne occlusive, orale, bilabiale, sourde.

/b/ : Consonne occlusive, orale, bilabiale, sonore.

Les traits pertinents sont des unités inférieures au phonème. Nous pouvons les atteindre par commutation et non par segmentation. Ils n’ont pas d’existence autonome, en effet, ils ne peuvent pas apparaitre dans la chaine parlée qu’en se combinant simultanément à d’autres en un phonème.

Remarques

  1. La présence ou l’absence d’un trait distinctif dans la réalisation d’un phonème entraine un changement de sens. Ainsi, le trait qui oppose la latérale à la vibrante est pertinent en anglais car il permet, par exemple, d’opposer les mots rate (taux) et late. En japonais, ce trait n’est pas pertinent car dans n’importe quel mot, le / l / peut être remplacé par le / r / et vice versa sans que cela entraine un changement de signification.

  1. Le français standard est en train de perdre une opposition, celle de la distinction entre /~ɶ/ et /~ɛ/ comme dans brun  et  brin. Il semble que la voyelle arrondie /~ɶ/ est en train de disparaitre au profit de la voyelle non arrondie /~ɛ/. Les raisons de la perte de cette opposition sont surtout d’ordre phonétique :

  1. La production de la voyelle /~ɶ/ demande un effort articulatoire considérable pour arrondir les lèvres et produire une voyelle mi-ouverte.

  1. La différence entre les timbres des deux voyelles est difficile à percevoir.

Exercice 2

Combien y a-t-il de traits distinctifs entre les phonèmes suivants :

/t/ et /R/, /f/ et /l/, /i/ et /œ/.

Corrigé-type

/t/ : Consonne occlusive, orale, sourde, et bilabiale.

/R/ : Consonne constrictive, orale, sonore et uvulaire.

Il y a 3 traits distinctifs entre /t/ et /R/.

______________________________________________________________________

/f/ : Consonne constrictive, orale, sourde et labiodentale.

/l/ : Consonne constrictive, orale, sonore et apico-alvéolaire.

Il y a 2 traits distinctifs entre /f/ et /l/.

__________________________________________________________________

/i/ : Voyelle orale, antérieure, non arrondie et fermée.

/œ/ : Voyelle orale, antérieure, arrondie et mi-ouverte.

Il y a 2 traits distinctifs entre /i/ et /œ/.

  1. La variation phonologique

Le phonème peut être réalisé concrètement par des sons différents formant une classe ouverte mais possédant, en commun, les traits qui opposent ce phonème aux autres de la même langue. Ces sons sont appelés variantes. La variation phonologique se rapporte à des facteurs sociolinguistiques comme l’origine géographiques des locuteurs, leur âge et sexe, la situation de communication, la classe socio-économique, etc.

Exemple

En français, le phonème /R/ peut être prononcé comme une uvulaire dite grasseyée ou comme une dentale dite roulée /r/.

  1. La syllabe

C’est une unité phonique produite en une seule émission de la voix. Elle peut être formée d’une voyelle, ou d’une consonne + une voyelle, ou d’un groupe de consonnes + une voyelle. La syllabe se compose théoriquement de trois éléments :

-L’attaque : c’est l’ensemble des consonnes qui viennent avant la voyelle.

-Le noyau : c’est la voyelle.

– La coda : c’est l’ensemble des consonnes qui viennent après la voyelle.

Remarques

  1. L’attaque et la coda ne sont pas essentielles à la syllabe. En effet, une syllabe peut n’avoir qu’un noyau comme dans le mot eau : /o/.

  2. L’attaque et la coda peuvent comporter plusieurs consonnes.

Exemple :

Strict : / stRikt /

L’attaque comporte trois consonnes, c’est une attaque complexe.

La coda comporte deux consonnes, c’est une coda complexe.

Quelques règles du découpage syllabique

  1. Une consonne entre deux voyelles s’attache à la deuxième.

Exemple :

Ami : / ami /

______________________________________________________________

  1. Deux consonnes entre deux voyelles se séparent.

Exemple :

Armée : / aRme /

______________________________________________________________

  1. Les groupes (consonne + /R/) et (consonne + /l/) ne se séparent pas.

Exemple :

Abri : / abRi /

Tableau : / tablo /

______________________________________________________________

  1. Nous ne pouvons avoir deux voyelles dans la même syllabe.

Exemple :

Educatif : / edykatif / Découpage incorrect.

/ edykatif / Découpage correct.

Exercice 3

Transcrivez les phrases suivantes puis découpez-les en syllabes :

  1. Il est huit heures moins quart.

  2. Elle m’a sauvé plusieurs fois.

  3. On peut trouver des loups dans cette montagne.

Corrigé-type

  1. / il ɥi tœR mw kaR/

  2. / l ma so ve plyz jœR fwa/

  3. / p tRu ve de lu d s t m taɲ/

  1. Les combinaisons

Les combinaisons des phonèmes sont des phénomènes que nous observons dans la langue parlée. Elles se réalisent lorsque les mots se placent linéairement les uns après les autres. Leur fonction principale est de faciliter la prononciation des expressions qui contiennent plusieurs mots.

F.1. L’enchainement

C’est le fait d’enchainer oralement deux mots qui se suivent en joignant le dernier phonème d’un mot à la première voyelle du mot qui suit.

F.1.1. L’enchainement vocalique

Il consiste à enchainer la dernière voyelle prononcée d’un mot à la première voyelle du mot qui suit.

Exemples

Il va au marché : / ilvaomaRʃe /

Mardi à midi : / maRdiamidi /

Nous avons eu un beau cadeau : / nuzav~ↄy~ɶbokado /

Remarques

  1. Il n’existe pas de pauses entre les voyelles enchainées. Celles-ci se prononcent en effet par le même souffle.

  1. Il existe une différence entre l’enchainement vocalique et la transition articulatoire : le nombre de syllabes qu’on obtient après enchainement vocalique et le même qu’avant même si on a l’impression d’entendre un son continu. Quant-à la transition articulatoire, elle se produit entre une semi-voyelle et une voyelle appartenant à la même syllabe.

Exemple

La nuit : / lanɥi/

F.1.2. L’enchainement consonantique

C’est un phénomène qui consiste à enchaîner oralement la dernière consonne prononcée d’un mot à la première voyelle du mot qui suit.

Exemples

Il arrive : / ilariv /

Une onde : / yn d /

Elle a fini par accepter ce travail : / lafinipaRaks ptesətRavaj /

La consonne d’enchaînement ne change jamais de nature. Cependant, elle change la structure syllabique des mots enchaînés.

Exemple

Avant enchainement

Il : / il /

Arrive : / a Riv/

Après enchainement

Il arrive : / i la Riv /

F.2. La liaison

C’est un phénomène qui consiste à lier oralement la dernière consonne écrite mais muette d’un mot à la première voyelle du mot qui suit.

Exemples

Les amis : / lezami /

Un petit enfant : / ptit f /

La liaison modifie la première syllabe du 2ème mot lié, mais elle ne change pas la structure syllabique de la phrase.

Exemple

Avant liaison

Les : / le /

Amis : / a mi /

Après liaison

Les amis : / le za mi /

F.2.1. Les consonnes de liaison

La consonne de liaison peut changer de nature : les lettres « S » et « X » deviennent /z/, le « D » devient /t/ et le « F » devient /v/.

Les consonnes de liaison en français sont : /z/, /t/, /p/, /R/, /g/, /v/, et /n/.

Exemples

Des animaux : / dezanimo /

Un grand appareil : / gr tapar j /

Il a beaucoup appris : / ilabokupapRi/

C’est mon premier essai : / s m prəmjeRes /

Un long hiver : / l giv R /

Il a Neuf ans : / ilanœv /

C’est son ami : / s sↄnami /

Remarques

  1. La consonne de liaison est dite « latente » car elle ne se réalise que sous deux conditions : si elle est suivie d’une voyelle ou si elle est suivie d’un « H » muet.

  1. Il n’y a pas de liaison lorsque le /s/ est précédé du /R/ sauf si le /s/ marque le pluriel.

Exemples

Je suis toujours ici : / ȜəsɥituȜuRisi /

Ce sont leurs affaires : / səs lœRzaf R /

__________________________________________________________

  1. La consonne de liaison /n/ résulte de la dénasalisation d’une voyelle nasale.

Exemple

Un bon étudiant : / bↄnetydj /

F.2.2. Les cas de la liaison

La liaison peut être obligatoire, interdite ou facultative.

  1. La liaison est obligatoire dans les cas suivants :

  1. Entre le déterminent et le nom. Cela inclut les articles définis ou indéfinis (les, un et des), les adjectifs possessifs et démonstratifs (mon, ton, son, mes, tes, ses, nos, vos, leurs et ces), les adjectifs interrogatifs (quels et quelles), les adjectifs indéfinis (aucun, certain, certains et certaines) et les adjectifs numéraux (deux, trois, six, neuf et vingt).

Exemples

Les amis : / lezami /, mes amis : / mezami /, quels amis : / k lzami /, certains amis : / s Rt zami /, six amis : / sizami /.

______________________________________________________________

  1. Entre le déterminent et l’adjectif.

Exemple

Trois énormes maisons : / tRwazenↄRm z /

______________________________________________________________

  1. Entre l’adjectif et le nom.

Exemple

Un petit appareil : / ptitapar j /

  1. Entre les pronoms sujets (nous, vous, ils, elles et on) et le verbe.

Exemple

Ils attaquent : / ilzatak /

__________________________________________________________

  1. Entre le verbe et les pronoms compléments (y et en).

Exemples

Allons-y : / al zi /

Finissons-en : / finis z /

__________________________________________________________

  1. Entre les pronoms compléments (les et en) et le verbe.

Exemples

Il les envoie : / ilez vwa /

Il en a eu assez : / il nayase /

__________________________________________________________

  1. Entre la forme verbale inversée et les pronoms sujets (il, elle, ils, elles et on).

Exemple

Que font-il : / kəf til /

__________________________________________________________

  1. Entre l’adverbe et le mot qui suit.

Exemple

Très agréable : / tR zagreabl /

__________________________________________________________

  1. Entre la préposition et le mot qui suit.

Exemple

Dans une maison : / d zynm z /

__________________________________________________________

  1. La liaison est interdite dans les cas suivants :

  1. Entre un verbe conjugué et un verbe à l’infinitif.

Exemple

Vous pensez atteindre la rive : /vup seat dRlaRiv /

__________________________________________________________

  1. Entre un verbe conjugué à la 2ème personne du singulier (présent) et ce qui suit.

Exemple

Tu manges une pomme : / tym Ȝynpↄm /

  1. Entre un groupe nominal et un groupe verbal.

Exemple

Les femmes arrivent : / lefamaRiv /

______________________________________________________

  1. Entre la conjonction (et) et le mot qui suit.

Exemple

Une sœur et une amie : / ynsœReynami /

______________________________________________________

  1. Avec les noms propres.

Exemple

Chez Imen : / ʃeim n /

______________________________________________________

  1. Avec le (H) aspiré.

Exemple

Les hiboux : / le’ibu /

______________________________________________________

  1. Avec l’adjectif numéral (onze).

Exemple

Les onze joueurs : / le zȜwœR /

______________________________________________________

  1. Après les pronoms personnels dans une inversion.

Exemple

Vont-elles arriver : /v t laRive /

______________________________________________________

  1. La liaison est facultative dans les cas suivants :

  1. Entre le pluriel d’un nom et un adjectif.

Exemple

Des vacances agréables : / devak sagreabl / ou / devak szagreabl /

______________________________________________________

  1. Entre l’auxiliaire « être » conjugué à la troisième personne (présent) et le participe passé ou l’adjectif.

Exemples

Il est admirable : / il admiRabl / ou / il tadmiRabl /

Ils sont obligés de le faire : / ils ↄbliȜedəlf R/ ou / ils tↄbliȜedəlf R /

F.2.3. Le rôle de la liaison

La liaison peut avoir un rôle grammatical ou sémantique.

  1. Rôle grammatical

La liaison permet de distinguer, à l’oral, le singulier du pluriel.

Exemple

/ k lami / : quel ami.

/ k lzami / : quels amis.

________________________________________________

  1. Rôle sémantique

La liaison permet de faire la distinction entre des homonymes.

Exemple

/ le’otœR / : les hauteurs.

/ lezotœR / : les auteurs.

F.3. L’élision

C’est la suppression des voyelles finales /a, /ə/ et /i/ devant un mot qui commence par une voyelle ou par un « H » muet. La voyelle supprimée est dite élidée, elle est remplacée à l’écrit par une apostrophe.

Exemples

L’image : / limaȜ /

L’homme : / lↄm /

F.3.1. les cas de l’élision

L’élision est dans des cas obligatoire, et dans d’autres elle est interdite.

  1. L’élision est obligatoire dans les cas suivants :

  1. Avec les articles définis (le et la).

Exemples

L’ours : / luRs /

L’armure : / laRmyR /

__________________________________________________

  1. Avec (de, ne, me, te, se, ce, je et que).

Exemples

Le chat d’hier : / ləʃadij R /

Il n’est pas là : / iln pala /

Tu m’as blessé : / tymablese /

Il t’a menti : / iltam ti /

Il s’absente souvent : / ilsaps tsuv /

C’est génial : / s Ȝenjal /

J’arrive : / ȜaRiv /

J’espère qu’elle va bien : / Ȝ sp Rk lvabj /

__________________________________________________

  1. Entre la conjonction (si) et les pronoms personnels (il et ils).

Exemple

Vérifie s’ils sont partis : / veRifisils paRti /

__________________________________________________

  1. Avec (jusque, lorsque et puisque).

Exemples

Jusqu’ici : / Ȝyskisi /

Lorsqu’il a fini : / lↄRskilafini /

Puisqu’elle est là : / pɥisk l la /

__________________________________________________

  1. L’élision est interdite dans les cas suivants :

  1. Devant le « H » aspiré.

Exemple

La haine : / la’en /

_____________________________________________________

  1. Devant les numéros (onze, onzième, huit et huitième).

Exemples

Le onze mai : / lə zm /

Le onzième joueur : / lə zj mjwœR /

Le huit mars : / lə’ɥimaRs /

Le huitième de final : / lə’ɥitj mdəfinal /

_____________________________________________________

  1. Devant les mots qui commencent par la lettre (Y).

Exemple

Le yaourt : / ləjauRt /

_____________________________________________________

  1. Après (presque).

Exemple

Elle est venue presque à temps : / l vnypR skat /

_____________________________________________________

  1. La lettre (U) ne s’élide pas.

Exemple

Tu es venu : / ty vny /

Remarque

Il n’y a pas d’élision avec (quelque) sauf dans (quelqu’un et quelqu’une).

Exemples

Ils ont dû avoir quelque accident : / ilz dyavwaRk lkəaksid /

Il a peur de quelqu’un : / ilapœRdək lk /

F.4. l’assimilation

C’est un phénomène par lequel un son perd ou acquiert un ou plusieurs traits articulatoires en contactant d’autres sons dans la chaine parlée.

F.4.1. L’assimilation en contact

Elle se réalise entre des sons contigus. L’assimilation en contact peut être partielle ou totale.

  1. L’assimilation partielle

Le son assimilé garde un ou plusieurs traits distinctifs, il ne va pas se confondre entièrement avec le son contigu.

Exemple 1

Prenons le mot obstacle.

Avant assimilation

Obstacle : / ↄbstakl /

Assimilation

/b/ : consonne sonore.

/s/ : consonne sourde.

/p/ : consonne sourde.

Résultat

Obstacle : / ↄpstakl /. C’est une Assimilation partielle (régressive) de dévoisement.

_______________________________________________________________

Exemple 2

Prenons le mot subsister.

Avant assimilation

Subsister : / sybsiste /

Assimilation

/b/ : consonne sonore.

/s/ : consonne sourde.

/z/ : consonne sonore.

Résultat

Subsister : / sybziste /. C’est une assimilation partielle (progressive) de voisement.

______________________________________________________________

  1. L’assimilation totale

Le son assimilé disparait complètement sous l’influence du son contigu.

Exemple

Prenons le mot maintenant.

Avant assimilation

Maintenant : /m tn /

Assimilation

/ / : nasal.

/t/ : oral.

/n/ : nasal.

Résultat

Maintenant : / m nn /. C’est une Assimilation totale de nasalité.

Remarques

  1. L’assimilation régressive se fait de droite à gauche. Quant-à l’assimilation progressive, elle se réalise de gauche à droite.

  1. L’assimilation de nasalité est dite aussi assimilation « double » car elle est à la fois progressive et régressive. Par exemple dans le mot (maintenant), le /t/ devient /n/ sous le double contexte nasal qui le précède et le suit.

F.4.2. L’assimilation à distance

Elle se réalise entre des sons qui ne sont pas contigus. L’assimilation à distance est plus connue sous le nom de dilation ou d’harmonisation vocalique.

Exemple 1

Le mot (beaucoup) chez les québécois se prononce souvent /buku/ au lieu de /boku/.

/ buku /. C’est une Dilation régressive.

__________________________________________________________________

Exemple 2

Prenons le mot ébène.

Ebène : / eb n /.

En ajoutant le suffixe (ist), la voyelle mi-ouverte / / change en une voyelle mi-fermée afin de créer une harmonie avec les deux autres voyelles du mot.

Ebéniste : / ebenist /. C’est une dilation progressive.

__________________________________________________________________

Exemple 3

Prenons le mot disséminer.

Avant dilation

Disséminer : / disemine /.

La voyelle mi-fermée /e/ est précédée et suivie par la même voyelle fermée /i/. Le /e/ change donc en /i/ pour créer un tout vocalique harmonieux.

Après dilation

Disséminer : / disimine /. C’est une dilation double.

Exercice 4

  1. Donnez 3 différences entre l’enchainement consonantique et la liaison au moyen d’exemples.

  1. Trouvez et décrivez les assimilations dans (bec de gaz) et (pas de quoi).

Corrigé-type

  1. Les trois différences entre l’enchainement consonantique et la liaison sont :

  1. La consonne d’enchainement est toujours prononcée alors que la consonne de liaison est muette avant qu’on combine les mots.

Exemple

Une petite enfant et un petit enfant.

Avant enchainement

Petite / pətit /

Après enchainement

Une petit enfant / pətit f /

Avant liaison

Petit / pəti /

Après liaison

Un petit enfant / pətit f /

___________________________________________________________

  1. La consonne d’enchainement ne change jamais de nature, contrairement à la consonne de liaison qui prend souvent une nouvelle forme.

Exemple

Ma grande amie et mon grand ami.

Enchainement

Ma grande amie / magR dami /

Liaison

Mon grand ami / m gR tami /

_____________________________________________________________

  1. L’enchainement consonantique change la structure syllabique des mots enchainés. Par contre, la liaison ne me modifie pas la structure des mots liés.

Exemple

Une petite enfant et un petit enfant.

Avant enchainement

Une / yn /

Petite / pə tit /

Enfant / f /

Après enchainement

/ yn pə ti t f /

Avant liaison

Un / /

Petit / pə ti /

Enfant / f /

Après liaison

/ pə ti t f /

  1. Il y a une assimilation partielle dans les deux expressions :

  1. Bec de gaz.

Avant assimilation

/ b kdəgaz /

Après assimilation

/k/ : consonne sourde.

/d/ : consonne sonore.

/g/ : consonne sonore.

Résultat

/ b gdəgaz /. C’est une assimilation partielle (régressive) de voisement.

_______________________________________________________

  1. Coup de chapeau.

Avant assimilation

/ kudʃapo /

Après assimilation

/d/ : consonne sonore.

/ʃ/ : consonne sourde.

/t/ : consonne sourde.

Résultat

/ kutʃapo /. C’est une assimilation partielle (régressive) de dévoisement.

  1. La prosodie

La prosodie est un domaine de recherche vaste et hétérogène, on y étudie les traits prosodiques tels que l’accent, l’intonation, la mélodie, le débit, le rythme, etc. Ces traits présentent la caractéristique commune de ne jamais apparaître seuls, ils nécessitent le support d’autres signes linguistiques.

Les éléments prosodiques sont physiquement déterminés par plusieurs paramètres acoustiques dont les trois principaux sont : la fréquence fondamentale F° (appelée aussi mélodie), l’intensité et la durée. La synthèse de la parole à des fins prosodiques nécessite un contrôle simultané de ces trois paramètres.

  1. L’accentuation

C’est un phénomène provenant de la mise en relief d’une syllabe. Il se manifeste par une augmentation physique de longueur, d’intensité et éventuellement un changement de fréquences lors du passage d’une syllabe inaccentuée à la syllabe accentuée, comme dans les langues d’extrême orient, du suédois, du grec ancien et du latin. La mise en relief de la syllabe par intensité se traduit par une augmentation de la force expiratoire, en effet, il y a plus d’air qui sort des poumons, et une plus grande vibration des cordes vocales. Cet accent est appelé accent dynamique ou expiratoire. Dans ce cas, la durée et la hauteur interviennent comme des éléments secondaires.

Le français utilise la durée comme principale marque d’accentuation. En fait, la syllabe accentuée est deux fois plus longue que la syllabe ordinaire, quelles que soient les variations de durée dues au nombre de phonèmes dans la syllabe, à leur distribution, au type d’énoncé et à la personnalité du locuteur. A ce propos, Les études ont montré que les hommes allongent les syllabes plus que les femmes.

Il existe deux types d’accent en français : l’accent tonique et l’accent d’insistance.

A.1. L’accent tonique

C’est un accent fixe car il se place sur la dernière syllabe d’un groupe syntagmatique. La différence entre la syllabe accentuée et les syllabes inaccentuées est faible. L’accent tonique en français a une fonction démarcative car il sert à démarquer les éléments dans la phrase. Il n’apporte aucune modification au sens, contrairement à l’accent dans d’autres langues comme l’italien et l’espagnol.

Exemple

Je rentre à la maison / ȜəR tRalam z /

A.2. L’accent d’insistance

Il est appelé aussi accent expressif ou émotionnel car il sert à exprimer les sentiments du locuteur, tels que la joie, la colère, l’étonnement, etc. Cet accent se manifeste par la mise en relief de la force et de la durée d’un ou plusieurs phonèmes, notamment des consonnes. En français, l’accent d’insistance est mobile car il se place généralement sur la 1ère ou la 2ème syllabe d’un mot.

Exemple

C’est magnifique / s maɲifik /

Remarque

L’accent d’insistance a une valeur pédagogique lorsqu’il est utilisé pour attirer l’attention des étudiants sur tel ou tel point du discours. C’est pour cela qu’on l’appelle aussi accent didactique.

  1. L’intonation

L’intonation est souvent définie comme des variations de hauteur qui porte sur un ensemble de mots formant une courbe mélodique. Elle se manifeste par une montée de la voix causée par l’augmentation de la vitesse de vibrations des cordes vocales.

L’intonation peut jouer plusieurs rôles. Les variations de celle-ci indiquent les frontières des groupes de sens, elle a dans ce cas une fonction de démarcation.

Exemple

Tu ne l’as pas vu ? Elle a vraiment besoin de lui. / tynlapavy lavr m bəzw dəlɥi /

L’intonation peut aussi donner différents sens à la même phrase. Elle a dans ce cas une fonction de modalisation.

Exemple

Prenons la phrase (Il est parti)

Il est parti. / il paRti /

Il est parti ? / il paRti /

Les niveaux mélodiques

Il existe cinq niveaux d’intonation en français. Chaque niveau est représenté par un chiffre.

Le niveau 1 :

Il correspond au point le plus bas où s’achève l’énoncé. C’est une intonation qu’on entend à la fin d’une phrase déclarative.

Le niveau 2 :

Il correspond au niveau moyen de la voix. C’est une intonation de base qui indique le point de départ d’un énoncé, nous l’entendons au début d’une phrase déclarative.

Le niveau 3 :

Il correspond au niveau de montée mélodique possible dans le cas d’une séquence de continuité. Cette intonation est portée par un groupe rythmique avant la fin d’une phrase déclarative, elle indique l’existence d’une autre séquence qui suit.

Le niveau 4 :

Il correspond aussi au niveau de montée mélodique possible lors d’une séquence de continuité. C’est le niveau auquel aboutit la fin de la courbe mélodique d’une question totale.

Le niveau 5 :

C’est une intonation qu’on entend à la fin d’une phrase exclamative ou au début d’une phrase impérative. Elle renseigne sur l’état d’esprit du locuteur, c’est-à-dire s’il est surpris, impatient, énervé, etc.

Exemples

Elle a rencontré Imen à au marché. / (2) laR k tRe(3)im nomaR(1)ʃe / (déclarative).

Elle a rencontré Imen à au marché ? / (2) laR k tRe(3)im nomaR(4)ʃe / (interrogative).

Elle a rencontré Imen à au marché ! / (2) laR k tRe(3)im no(4)maR(5)ʃe / (exclamative).

Sors de la maison tout de suite ! / (5)SↄRdla(3)m z tut(1)sɥit / (impérative).

2.3.4. Mode d’évaluation

Contrôles écrits 100%

2.3.5. Références

Ouvrages

ANGOUJARD.J-P, WAUQUIER-GRAVELINES.S, Phonologie : Champs et perspectives, ENS Editions, 2003.

DUBOIS.J, Dictionnaire de Linguistique, Larousse, 2002.

GUIMBRETIERE.E, Phonétique et enseignement de l’oral, Didier, 1994.

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